Le 1 mars 2002
Claudiane Samson a la passion du Nord
Par : Juliette Anglehart
APF
Editeur : Place aux femmes
Le Nord est un immense territoire bien peu connu qui se cache encore derrière d'incroyables mythes. «C'est certain que je pourrais facilement vendre des histoires mythiques du nord Canadien à la population du Sud, mais je veux vraiment faire connaître la réalité nordique telle qu'on la vit», dit Claudiane Samson, la nouvelle journaliste de Radio-Canada au Yukon.
«Parfois cette réalité peut sembler mythique, si je pense à mes quatre ou cinq amis "mushers" pour qui, faire du traîneau avec les chiens fait partie de la vie courante!» explique la jeune journaliste.
Originaire de Charlevoix au Québec, Claudiane avait deux ans lorsque sa famille s'est établie pendant quelques années à la Baie James. C'est dans le
nord du Québec que sa sœur inuit fût adoptée, ce qui est une des raisons expliquant sa passion pour le Nord et les différents groupes ethniques nordiques. Cette passion l'a amenée à vivre un an en Suède, et à
se consacrer à des études nordiques au collège de Whitehorse.
Grande ambassadrice du Yukon, il n'est pas surprenant que le poste de journaliste à Radio-Canada lui ait été assigné. «L'année dernière, lorsque je travaillais pour Radio-Canada à Winnipeg, à Régina et à Vancouver, je parlais continuellement de la qualité de vie du Yukon, je répétais sans cesse qu'il y avait beaucoup d'événements et de personnalités intéressantes dans ce coin du pays. Il faut croire que le moment était bien choisi car à l'automne, on m'annonçait qu'un poste à temps plein s'ouvrait au Yukon», raconte Claudiane.
La journaliste réalise maintenant des reportages pour les bulletins de nouvelles des grandes villes, ou pour des émissions telles que "L'Accent francophone". «Le français est très important pour moi. Je m'identifie en tant que francophone, même si je ne veux pas être engagée politiquement. Par exemple, je tiens à couvrir les nouvelles en français et non pas seulement couvrir les nouvelles françaises. S'il y a une nouvelle importante dans la communauté anglophone, je tiens à la communiquer, et s'il n'y a pas de francophones pour commenter sur un sujet, j'irai voir un anglophone», explique Claudiane.
La jeune journaliste a beaucoup de défis à relever, puisqu'elle est à la fois la productrice et la réalisatrice de ses reportages. Elle doit à la fois porter la caméra, réaliser le reportage et ensuite s'occuper du montage. Comme si ce n'était pas suffisant, elle travaille temporairement avec un équipement qui n'est pas conçu pour le grand froid. «Lors de mon premier reportage, je me suis rendu compte que ça n'allait pas être facile !
J'ai eu de la difficulté à visser et à dévisser le trépier de la caméra qui était gelé, et à chaque fois que je respirais, la caméra s'embuait!»
Mais le Nord c'est beaucoup plus que le froid et la noirceur. «Ici, je me reconnais, il n'y a nulle part au monde où je me sens aussi bien. La population est jeune et active, 50 % des gens ont moins de 35 ans. Les gens sont souvent ici de passage pour réaliser leurs rêves, ce qui rend l'endroit magique», affirme Claudiane.
La jeune femme vit d'ailleurs un de ses rêves en ayant un style de vie typiquement yukonnais. Elle habite une petite cabane de bois rond qu'elle a décorée à son goût en fabriquant elle-même les meubles. Elle bûche régulièrement son bois de chauffage et va chercher son eau. Elle s'adonne aussi à la chasse à l'orignal et à l'ours.
«J'avais peur de me promener dans le bois, alors que je me promenais aisément au cœur de Montréal sur la Sainte-Catherine aux petites heures de la nuit. Je me suis dit que ça n'avait pas de sens, c'est pourquoi je me suis établie au Yukon pour me rapprocher de ce qui avait le plus d'importance pour moi »
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