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Le 16 janvier 2006

Info Week-End

Afin d’attirer l’attention du premier ministre sortant Paul Martin, Marguerite Guimond a étoffé un imposant dossier, qu’elle a baptisé la « boîte à surprises ». Photo : Julie Poulin

Une dame âgée de 71 ans se bat pour assurer un meilleur avenir aux femmes au foyer

Par : Julie Poulin
Editeur : Info Week-End

Une dame d’Edmundston âgée de 71 ans, Marguerite Guimond, a décidé de se battre pour assurer un meilleur avenir aux femmes qui ont choisi de demeurer à la maison pour élever leurs enfants ou pour prendre soin de leurs vieux parents. Selon elle, le soutien financier que ces femmes reçoivent de la part du gouvernement fédéral est insuffisant et inadéquat.

Madame Guimond croit que le travail des femmes au foyer doit être reconnu et mieux rémunéré, durant les années de labeur comme à la retraite.

La méthode que Marguerite Guimond a choisie pour livrer bataille est tout à fait à son image : à la fois délicate, respectueuse, patiente, obstinée et rusée... Afin d’attirer l’attention du premier ministre sortant Paul Martin, elle a lui a préparé ce qu’elle appelle une « boîte à surprises ». Il s’agit d’une boîte remplie de centaines de photos, d’articles et de caricatures prises dans les médias concernant Paul Martin et son gouvernement, annotés de ses commentaires colorés (elle s’exprime par rimes) et de ses suggestions.

La majeure partie de ses commentaires sont positifs, souvent même flatteurs, une tactique mûrement réfléchie qui visait à frapper plus fort quand son destinataire tomberait sur des documents traitant du sujet qui la préoccupe, marqués de ses inquiétudes et ses déceptions.

Il lui aura fallu plusieurs années pour préparer la fameuse « boîte à surprises ». Elle l’a finalement confié au député de sa circonscription, Jean-Claude D’Amours, qui l’a fait parvenir à l’automne au bureau de Paul Martin. Impressionné, ce dernier l’a appelée en personne de son bureau d’Ottawa pour écouter ce qu’elle avait à lui dire. Il a même fait prendre une photo de lui lors de leur conversation, qu’il lui a fait parvenir par la suite avec une lettre de remerciement.

« Pour le moment, je ne sais pas si le gouvernement compte vraiment faire quelque chose. Mais j’ai réussi à retenir son attention. Il sait qui je suis. Maintenant, la porte est ouverte et je compte bien en profiter. Je vais faire un suivi, je vais continuer à me faire entendre, c’est certain », a confié madame Guimond.

Cette dernière a dit ne pas s’inquiéter outre mesure d’un éventuel changement de gouvernement. « Si les conservateurs sont portés au pouvoir, je referai une nouvelle boîte à surprises. Je recommencerai tout, le travail ne me fait pas peur », a-t-elle affirmé.

Marguerite Guimond a elle-même choisi de demeurer à la maison pour élever ses trois enfants. Elle a également pris sous son aile ses deux parents vieillissants.

« Moi, j’ai été chanceuse, car mon mari avait un bon travail et il a toujours été bon pour sa famille. Jamais je n’avais à lui quémander de l’argent ou à lui justifier mes dépenses. Mais je sais que ce n’était pas comme ça pour bien des femmes à l’époque et qu’encore aujourd’hui, bien des femmes à la maison dépendent de leur mari pour tout », a-t-elle raconté.

Selon madame Guimond, tout n’a pas toujours été facile pour elle et sa famille. Particulièrement quand son mari, ses enfants et elle ont eu un grave accident de voiture et que tous ont été grièvement blessés. La convalescence, physique et morale, a duré plusieurs mois, voire des années. « J’ai toujours travaillé très fort et jamais je n’ai eu d’aide du gouvernement, même quand j’ai eu de graves difficultés. Et aujourd’hui, d’après les critères d’évaluation pour l’obtention de mon chèque de pension, c’est comme si je n’avais jamais travaillé de ma vie », a-t-elle déploré.

Cependant, le combat que mène actuellement Marguerite Guimond n’est pas pour elle. « Je me bats pour toutes les femmes canadiennes qui ont fait le choix de demeurer à la maison pour prendre soin de leur famille ou qui aimeraient le faire », a-t-elle soutenu.



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