Le 4 janvier 2006
Volume 92
Numéro 37
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| La directrice de Pluri-elles, Mona Audet, estime que les questions de l’alphabétisation et des enfants à risque devrait être des enjeux de la campagne électorale. |
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Pluri-elles fait pression
Par : Prune Vellot
Editeur : La Liberté
Pour la directrice de Pluri-elles, Mona Audet, l’alphabétisation et les enfants à risque devraient être des enjeux pour la campagne électorale.
L’alphabétisation et les enfants à risque sont des sujets majeurs pour Pluri-elles, qui compte bien confronter les partis sur ces problèmes. Les candidats n’ont qu’à se tenir prêts, la directrice de Pluri-elles, Mona Audet, leur réserve une belle panoplie de questions!
Cela fait maintenant près de 15 ans que l’organisme francophone travaille en alphabétisation. Si Mona Audet est heureuse de constater que les difficultés de lecture et de compréhension sont enfin une réalité pour le gouvernement, elle estime qu’il faut aller plus loin pour résoudre le problème.
« Pendant longtemps, on n’a pensé qu’à investir dans le secondaire. On croyait que l’analphabétisme se résoudrait de lui-même, rappelle la directrice. Ce qu’on essaie de dire au gouvernement, c’est qu’il faut investir réellement pour que la situation change.
« La question de l’alphabétisation touche à plein de domaines comme l’emploi, la santé ou l’éducation, poursuit-elle. Il y a par exemple un danger d’intoxication avec les médicaments chez les aînés. Ils savent lire, mais ne comprennent pas forcément les contre-indications. » Les risques sont d’autant plus importants, que l’analphabétisme est souvent masqué.
Une étude récemment réalisée auprès des Canadiens montre que près de deux Canadiens sur cinq n’ont pas les compétences de bases en lecture, ce qui représente près de neuf millions de personnes en âge de travailler. La situation s’avère encore plus grave pour les francophones.
« L’alphabétisation est vraiment l’enfant pauvre de l’éducation, insiste Mona Audet. On veut vraiment assurer une prise en main par le fédéral, car on veut un programme à long terme, une entente de plusieurs années. »
Elle reconnaît l’important travail que la ministre des Ressources humaines et du Développement, Claudette Bradshaw, a effectué jusque là. Elle a visité chacune des provinces, rencontré différents groupe et constitué un comité de recommandations pour le gouvernement.
« Il faut faire pression sur les politiciens pour que tout ça ne tombe pas à l’eau, affirme Mona Audet. L’alphabétisation devrait être un enjeu. Pluri-elles va être présent à tous les débats durant la campagne et va prendre la parole. »
PACE,
un programme gagnant
L’organisme va adopter la même stratégie en ce qui concerne le Programme d’action communautaire pour les enfants (PACE) au Manitoba. « On veut faire reconnaître aux politiciens et à la population, qu’il s’agit d’un programme gagnant, déclare Mona Audet. On ne veut pas que les ententes soient coupées en 2007. »
Le PACE apporte de l’aide aux adultes qui ont des enfants. « C’est un coup de pouce à l’éducation, explique la directrice de Pluri-elles. Souvent on associe les enfants à risque à la pauvreté, or ce n’est pas seulement cela. Lorsque deux professionnels divorcent, il y a un enfant un risque. Lorsqu’une mère se drogue, vit de l’assistance sociale ou travaille jour et nuit pour faire vivre sa famille, il y a un enfant à risque. Ça peut vraiment être n’importe qui. »
De telles situations peuvent avoir des conséquences dramatiques. « Une mère peut perdre ses enfants, poursuit Mona Audet. Ça peut faire du mal à la famille. Il peut y avoir des abus. » Et c’est sans compter tous les problèmes de santé mentale ou physique qui peuvent survenir.
Le PACE a pour but d’éviter tout cela. Il permet aux parents de mieux comprendre leur rôle et leur impact sur leurs enfants. « Nous donnons aux gens les outils pour que ça fonctionne mieux dans la famille, déclare Mona Audet. Souvent, il se forme des groupes. Les parents parlent entre eux et ils se rendent compte qu’ils ne sont pas les seuls à parfois perdre patience, se décourager. Ils se soutiennent mutuellement. »
Dans le cadre de ce programme, Pluri-elles organise des ateliers avec des professionnels, sur la résolution des conflits par exemple. « On veut pouvoir agir avant qu’une catastrophe arrive », répète la directrice. C’est pourquoi il lui semble important que les politiciens soutiennent le PACE.
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