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Le 21 avril 2006
Volume 92 Numéro 3

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Quelle transparence?

Par : Sylviane Lanthier
Editeur : La Liberté

Quelle transparence?
Son gouvernement est encore tout jeune, son équipe de reconnue pour être susceptible d’émettre des commentaires qui prennent vite la tournure de gaffes… Devant tant de manque d’expérience, Stephen Harper avait décidé, dès avant la campagne électorale, qu’il allait museler ses troupes et contrôler les messages qui allaient sortir des conservateurs, lui-même compris. On a tous vu à la télévision des images où l’aspirant premier ministre lisait sur un télésouffleur ses déclarations aux journalistes. Pas de déclarations à l’emporte-pièce, pas de spontanéité et surtout rien qui ne sorte de la ligne du parti.
Dans le bureau du candidat conservateur de Saint-Boniface, pendant la campagne électorale, était affichée une série de feuillets contenant toutes les lignes directrices et politiques du parti à l’égard des enjeux de la campagne et questions de l’heure. Que dire sur la santé, l’agriculture, l’économie, le bilinguisme… tout était là, noir sur blanc. Ça avait beaucoup rassuré Ken Cooper et son équipe qui, contrairement aux élections de 2004, savaient cette fois quoi répondre aux gens et aux journalistes.
Il semble que cette stratégie soit toujours celle du premier ministre. Maintenant au pouvoir, Stephen Harper contrôle avec autant de soins ses rapports avec les journalistes et les propos de ses ministres, soucieux d’éviter les gaffes.
C’est tout de même une attitude étrange et contradictoire de la part d’un homme qui prône l’éthique, la transparence et la probité.
Car l’éthique, la transparence et la probité ne sont pas d’abord et avant tout le résultat d’une série de contrôles serrés destinés à éviter les propos malvenus, disgracieux ou portant à débat. (Et d’ailleurs, pourquoi pas, les débats?)
L’éthique, la transparence et la probité, on les porte d’abord et avant tout en soi; elles transparaissent dans notre comportement et dans nos propos. Si on s’attend de nos élus qu’ils fassent preuve d’éthique, de transparence et de probité, il faut aussi qu’il y ait à leur égard le minimum de confiance qui leur permette de s’exprimer. Qu’est-ce qu’un député, qu’un ministre qui ne parle pas? Comment un élu peut-il jouer son rôle s’il ne communique pas avec les citoyens? (Et d’ailleurs, que devient la vie politique si on l’aseptise au point de la priver de toute idée susceptible de susciter des questionnements?)
Stephen Harper musèle ses ministres et tente de diminuer les occasions où les journalistes de la colline parlementaire peuvent faire leur travail. Y a-t-il vraiment là éthique, transparence et probité?



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