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Le 31 janvier 2007
Numéro 93
Shabach.

Reels, blues et reggae

Guillaume Dandurand

Shabach et Dernière minute mélangeront les rythmes gospels africains aux chants traditionnels du Manitoba,
dans un spectacle éclectique prévu le 2 février.

Le groupe folklorique Dernière minute réchauffera la salle du Club Traverse, le 2 février, pour le band Shabach. (1) De la musique traditionnelle canadienne-française au gospel africain, les spectateurs seront témoins d’une fourchette de sons, de rythmes et de chants aussi différents les uns des autres.
Les huit membres de Shabach sont des réfugiés africains. On y trouve six Congolais, un Soudanais et un Camerounais. Chacun a vécu l’expérience des camps de réfugiés avant de venir au Manitoba. C’est au Canada qu’ils se sont connus et ont décidé de former un groupe pour apporter un message de paix et d’espoir.
« Notre musique bouge, elle fait danser les gens, affirme un des chanteurs du groupe, Martin Mulimbwa. C’est un message d’espoir qui dit que la société peut vivre ensemble en paix. Nous espérons que le monde entier vive en paix. »
La musique chaude de Shabach fait vibrer les mélomanes. « On veut que les gens chantent et dansent, affirme le Congolais d’origine. Nous faisons de la musique africaine, avec des rythmes vibrants : du reggae et du blues. »
Le groupe a capella tient aussi à s’internationaliser, notamment en cherchant un Canadien qui voudrait se joindre à eux. Le spectacle éclectique proposé le 2 février viendra jeter les balises de cette internationalisation, grâce à l’apport du groupe Dernière minute.
« Dernière minute sont des artistes qui luttent pour des causes sociales, poursuit Martin Mulimbwa. C’est la principale raison pour laquelle nous voulions être sur scène avec eux. »
L’organisateur de la soirée et harmoniciste pour Dernière minute, Guy Ferraton, lance lui aussi des fleurs à son comparse. « On va partager la scène et la musique, ça va être merveilleux, dit-il. Nous aurons deux publics très différents et ce sera intéressant de participer à cette rencontre. »
Guy Ferraton a eu l’idée de ce concert en souvenir du défunt Canot, à Saint-Boniface, où les francophones pouvaient se rassembler. « Maintenant, il n’y a plus d’endroit comme ça où les francophones peuvent se rencontrer, déplore-t-il. On essaie de créer la même chose au Club Traverse. »
La question d’évoluer dans un pays étranger a aussi interpellé l’harmoniciste. « Lorsque j’ai séjourné en Pologne récemment, j’ai été accueilli de façon chaleureuse, explique-t-il. J’ai donc voulu rendre la pareille aux membres de Shabach et à leurs fans en leur donnant l’occasion de rencontrer les Franco-Manitobains. C’est d’abord et avant tout une occasion de faire un party et si ça va bien, on continuera. »
Une partie des profits seront remis au groupe d’étudiants du Collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB) qui préparent un voyage humanitaire au Pérou. La soirée comprendra un encan silencieux et des ventes de pâtisserie. « On a même peint des proverbes de poètes franco-manitobains sur des tasses que nous allons vendre à cette occasion », affirme la participante au projet de voyage du CUSB, Michelle Loader.
(1) Le spectacle a lieu au Club Traverse, le vendredi 2 février à 20 h. Les billets sont disponibles au
237-6465 et 255-9572 au coût de 10 $ (5 $ pour les étudiants).

Editeur : La Liberté

Edition :
41


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