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Le 21 septembre 2005


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Claude Picard a reçu, à titre exceptionnel, la plus haut distinction présentée par l’Association du Musée acadien, le prix de la Petite Nyctale, que lui remet ici David Le Gallant, président de l’association.

Des milliers de portraits et de peintures historiques et religieuses - Un entretien avec le peintre Claude Picard

Par : Jacinthe Laforest
Editeur : La Voix acadienne

Le peintre Claude Picard de Saint-Basile au Nouveau-Brunswick a donné une grande œuvre aux Acadiens du monde entier en peignant, pour le compte de l’Association du Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard, six tableaux historiques représentant les grandes heures du peuple acadien.

À 73 ans, né le 11 février 1932, Claude Picard a à son actif une œuvre colossale qui inclut 23 tableaux historiques et religieux de grande dimension et des milliers de portraits, sa spécialité.

«Je peins à l’huile, dans un style figuratif et traditionnel, basé sur la ressemblance. J’en ai fait des milliers car j’ai commencé très tôt. Même jeune, on me commandait des portraits».

Ses premiers dessins, pourtant,il les faisait sans chercher la ressemblance, étudiant les proportions, les ombres et les lumières, et définissant une technique. Il a fait des voyages d’étude en Europe, où il a séjourné trois ans et il a travaillé avec des maîtres.

Aujourd’hui, il est considéré lui-même comme un maître et s’il avait besoin d’une autre preuve de cela, les six tableaux livrés au Musée acadien de l’Î.-P.-É. en sont une très éloquente.

Ce projet lui a demandé la meilleure partie des quatre dernières années, y travaillant de quatre à cinq heures par jour. «Cela fait quatre ans, car j’assistais, en 2001, à la cérémonie de dévoilement au Musée acadien concernant les paroles françaises de l’Ave Maris Stella. À ce moment-là, le travail était commencé.»

Dans ses premiers contacts avec M. Picard, l’Association du Musée acadien visait une toile, celle qui porte le numéro 5 et qui s’intitule Ironie de l’histoire. Mais Claude Picard a soumis des croquis, des esquisses aux dirigeants du Musée et c’est finalement six tableaux qui sont nés sous son pinceau d’une grande précision.

Pour réaliser ces toiles, Claude Picard n’y est pas allé au hasard. Il s’est fait envoyer des photographies, des documents historiques, des descriptions des événements tels qu’ils étaient racontés dans les journaux de l’époque, et notamment, Le Moniteur acadien, qui existait déjà lors de la toute première grande convention. «J’ai reçu et utilisé des centaines de photographies. Pour les costumes d’époque victorienne, j’ai utilisé des pages du catalogue Butterick. L’époque victorienne a duré très longtemps et les costumes ont beaucoup changé. Il fallait choisir les bons…»
Pour Claude Picard, le souci du détail historique est un seconde nature mais représente tout de même un défi. Un autre défi, de taille celui-là, concernant la réalisation des six tableaux était justement la taille de ceux-ci. Les tableaux mesurent quatre pieds de haut par cinq pieds de large. C’est considérable comme grandeur, mais pour y loger des dizaines de figures et les placer en composition, c’est relativement étroit. «Cela m’a demandé un effort considérable de minutie.»
Les toiles de Claude Picard sont connues et diffusées dans le monde entier. Lorsque des gens, pour quelque raison que ce soit, utilisent ses toiles pour illustrer des livres et des publications, il aime qu’on lui demande la permission. «En général, je l’accorde, et je demande qu’on m’envoie une copie du livre en question. À la maison, j’ai une petite bibliothèque assez bien garnie de livres dans lesquels j’ai des œuvres. C’est flatteur.»

Parmi les six tableaux présentés au Musée acadien, son préféré est le fameux no 5, celui qui raconte comment les britanniques ont été les premiers à saluer le pavillon de l’Acadie, dans le port de Summerside, en 1884. Il aime le sujet, mais aussi la façon dont les lignes dirigent le regard vers les points d’intérêt de la toile. Même la ligne courbe suggérée par les oiseaux marins en vol est importante pour l’ensemble de la toile.

Maintenant que les six tableaux sont complétés, Claude Picard est loin de prendre des vacances. En fait, son carnet de commande est très bien garni et il avoue qu’il a pris un peu de retard sur certaines commandes.

Et puis, il aimerait se consacrer à quelques projets pour le plaisir, notamment des peintures de type collage en acrylique où il utilise des coquillages et différentes matières de la nature pour créer des reliefs sur ses toiles. «Les lumières et les ombres se créent d’elles-mêmes. C’est très intéressant», dit-il, encore très allumé par le plaisir de peindre.

Claude Picard et Jeanne, sa femme, ont deux filles, Brigitte et Lucie.




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