Le 21 décembre 2006
La Voix acadienne
Une jeune Acadienne aide les enfants de Mikinduri au Kenya
Jacinthe Laforest
Suzanne MacIntyre de Charlottetown, fille de Eunice (Arsenault) et Donnie, et petite-fille d’Irène et de Tilmon Arsenault de Cap-Egmont, vient de vivre une aventure extraordinaire. Pendant près de 10 jours, elle a séjourné au Kenya, dans le cadre d’un projet conçu par une organisation insulaire : Mikinduri Children of Hope.
«Mikinduri, c’est un petit village qui n’est pas sur les cartes. Dans ce village, la vie est très dure. Il y a peu d’adultes, car ils sont presque tous morts du sida et d’accidents. Il y a beaucoup d’orphelins», dit Suzanne, les yeux encore pleins de ce qu’elle a vu dans cette contrée pauvre et tropicale.
Mais comment une jeune Acadienne de Charlottetown s’est-elle retrouvée dans ce village qui ne figure pas sur les cartes?
Origine du voyage
La petite histoire va ainsi. À Charlottetown vit le couple de Jean et Makena Ambassa. Makena a un jour lancé un appel pour recueillir des vêtements pour envoyer à ce village. À Cornwall, il y avait cet homme, Ted Grant, qui s’est senti interpellé par cette cause. Il s’est renseigné et pour aider, il a fondé l’organisation Mikinduri Children of Hope, qui existe maintenant depuis trois ans.
En très peu de temps, cette association a eu un impact sur la vie dans ce village. Le vieil orphelinat insalubre est en train d’être reconstruit, et des puits, 11 en tout, sont en train d’être creusés, pour que les habitants du village aient accès à de l’eau plus propre.
Donc, cette association organise des voyages de «mission» dans ce village. Dès que Suzanne a entendu parler de cela, elle a voulu y aller, même si pour cela, elle devait économiser plus de 4 000 $. «Je travaille pendant l’été et aussi à temps partiel durant l’année scolaire. J’ai utilisé cet argent. J’avais déjà tous les vêtements qu’il me fallait et pour moi, il n’y avait rien de plus important que ce projet, à ce moment-là», explique la jeune fille.
Pour le voyage, elle s’est fait vacciner pour se prémunir contre les maladies qui viennent des moustiques, et de la nourriture, les deux plus grands dangers pour des visiteurs dans ces contrées. Et elle a aussi apporté assez d’eau en bouteille pour la soutenir durant son voyage.
En tout, avec le groupe dont elle faisait partie, elle a passé cinq jours dans le village de Mikinduri. Sa mission, pour laquelle elle avait reçu de la formation, était de distribuer des lunettes usagées afin d’aider les habitants du village à mieux voir. «Nous avions avec nous environ 2 000 paires de lunettes de forces différentes. Avant de partir, nous avons eu une formation sur une façon très simple d’évaluer la force des yeux d’une personne. Nous avons établi un petite clinique et nous avons vu environ 900 personnes. Nous avons aussi formé des gens de là-bas pour qu’ils continuent à distribuer au besoin les lunettes qui restent.»
Ces lunettes proviennent d’habitants de l’Île. Ils ont répondu en grand nombre à un appel lancé par un opticien de Charlottetown.
Initiative personnelle
En plus, grâce à une initiative personnelle de Suzanne et d’une autre jeune fille faisant partie du voyage, Maureen Handrahan, les habitants de Mikinduri ont également reçu des casquettes pour protéger leurs yeux du soleil qui les affecte beaucoup.
Suzanne MacIntyre est re-venue de son voyage pleine d’idées et si elle le pouvait, affirme-t-elle, elle y retournerait dès demain. Au lieu de cela, elle est en train de réfléchir à une façon d’aider les jeunes qui veulent poursuivre leurs études après la 8e année, mais qui ne le peuvent pas à cause des coûts. «Jusqu’en 8e année, l’école est gratuite, mais après cela, il faut payer. La plupart arrêtent. Mais j’ai rencontré des jeunes filles qui ont décidé de continuer. Elles vont à l’école deux mois, puis quittent pour travailler tout en poursuivant leur apprentissage par elles-mêmes. Quand elles ont assez d’argent, elles retournent. Cela leur prend du temps avant d’être diplômées. Elles ont beaucoup de courage. Et quand elles ont fini, comme il n’y a pas vraiment de travail dans leur village, elles doivent aller à la ville et cela coûte tellement cher qu’elles ne peuvent pas. Je pense qu’il y a une façon de les aider à améliorer leur vie et la vie dans le village, grâce à l’éducation», dit Suzanne.
Plan d'avenir
Étudiante de 12e année à l’école Colonel Gray, Suzanne, qui parle très bien français, a l’intention de poursuivre en nursing, et peut-être, éventuellement, devenir pédiatre. Elle rêve de retourner dans ce village perdu pour aider encore plus qu’elle ne l’a déjà fait.
La mère de Suzanne, Eunice, admire sa fille et son courage. «Je dois dire que lorsqu’elle est partie, j’ai eu du mal à dormir. J’avais entendu dire que l’aéroport de Nairobi était un endroit dangereux. Mais ce qui a aidé, c’est qu’il y avait dans le groupe une journaliste du Guardian qui envoyait presque chaque jour des articles et des photos. Sur le premier article, il y avait la photo de Suzanne, et cela m’a rassurée. Peut-être que quand elle y retournera, j’irai avec elle. On ne sait jamais.»
Il est toujours possible de participer aux œuvres de l’association Mikinduri Children of Hope, notamment pas l’achat de puits. On en construit 11 et neuf seulement sont déjà payés.
Editeur : La Voix acadienne
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