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Publié le mercredi 28 octobre 2009 | Mis à jour le mercredi 28 octobre 2009
Édith Butler était accompagnée au violon de Anastasia DesRoches de Summerside. La violoniste a été recrutée à la dernière heure et a eu peu de temps pour répéter. Elle semblait très à l’aise.

Édith Butler ravit le public à Summerside

Jacinthe Laforest

Édith Butler effectue présentement sa dernière tournée. C’était donc tout un honneur de la voir en spectacle à Summerside samedi soir. Elle n’était pas revenue à l’Île depuis qu’étudiante alors qu’elle participait aux spectacles de Sing Along Jubilee, à Charlottetown.
«Je fais ma dernière tournée, mais cela ne veut pas dire que j’arrête de chanter», a-t-elle précisé dans un court entretien, quelques minutes avant le début du spectacle. Dans sa loge, accompagnée de sa collaboratrice depuis plus de 35 ans, Lise Aubut, Édith Butler a parlé de sa carrière dont on peut suivre la progression par les 27 albums qu’elle a enregistrés.

Elle ne tient plus le compte des chansons qu’elle a faites, car elle pige allégrement dans le répertoire traditionnel. Par contre, les chansons qu’elle a composées avec Lise Aubut, elle les compte. Il y en a 240, parmi lesquelles figurent l’Hymne à l’espoir et plusieurs autres.
«Ces chansons, je les chante, je vois le monde les chanter… Faire une chanson, c’est un peu comme mettre des enfants au monde : on dirait qu’elles ont une vie qui leur est propre», dit Mme Butler.

L’hymne à l’espoir a été traduite en anglais, en allemand, en espagnol, en hébreux et ce qui surprend le plus Édith, c’est la traduction en arabe. «Quand j’ai reçu la version, cela m’a surprise. Ce veut dire que les arabes ont besoin du message de cette chanson», croit-elle.
Les chansons écrites en collaboration avec Lise Aubut sont nées d’une complicité et d’une grande amitié entre les deux femmes. «Je lui parle de mes espoirs, de mes préoccupations, de mes passions, de ce qui me touche, et à travers le filtre de son talent d’auteure, les chansons naissent. C’est tout de même moi qui fais les musiques», précise Édith Butler.
Pour son spectacle du Festival de la citrouille, Édith a consciemment choisi un répertoire joyeux. Elle a pigé dans la tradition, dans les chansons sans âge qui ramènent des souvenirs, et dans son répertoire récent, incluant la très belle chanson «La 20». Quand elle a chanté Colinda, de nombreuses personnes dans la salle chantaient avec elle, avec un plaisir évident.

Édith Butler se voit-elle comme une artiste traditionnelle, une chansonnière ? «Je suis une vieille artiste», dit-elle simplement. Sans aucune fausse modestie, elle se classe parmi «les bonnes». «J’ai toujours eu le sentiment que j’étais bonne. Au début, j’étais timide bien sûr. Je chantais la tête baissée avec mes longs cheveux qui me cachaient. Mais j’étais bonne au début et je le suis encore», dit Édith, en toute honnêteté.

Pour son spectacle de samedi soir elle était accompagnée de son pianiste Guillaume Jodoin et de la violoniste acadienne Anastasia DesRoches. «Elle est bonne. Je lui ai passé le matériel, nous avons répété un peu et elle a tout appris.»

Anastasia DesRoches était elle aussi bien contente de jouer avec Édith. «Ma mère est assise au premier rang et elle ne sait pas que je serai sur scène. Ce sera toute une surprise», dit la jeune violoneuse.

Pour ouvrir son spectacle, Édith Butler a repris un chant du folklore insulaire, qu’elle a trouvé dans les archives de Georges Arsenault. Il s’agit de Marie Caissie. Elle a enregistré cette chanson sur son très beau disque Madame Butlerfly, réalisé en collaboration avec l’artiste française, Catherine Lara. «Il y a comme un univers chamanique à cette chanson, un mystère, une magie. C’est cette chanson qui avait donné le ton a tout cet album de légendes intemporelles», précise-t- elle.

Editeur : La Voix acadienne


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