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Publié le mercredi 27 octobre 2010 | Mis à jour le mercredi 27 octobre 2010

Six violons, six archets, six violoneux pour la musique

Jacinthe Laforest

Dans le cadre de son Festival de la citrouille de Summerside 2010, La Belle-Alliance a réuni six violoneux de talent pour célébrer «Le violon au masculin». L’un des violoneux invités, Peter Arsenault, croit que l’idée de faire une telle soirée est bonne et arrive à temps. «Vous savez, les hommes violoneux, on est presque en minorité maintenant. Les femmes sont plus nombreuses», dit-il.

Jesse Francis, un autre des violoneux confirme. «C’est l’opposé de ce que c’était il y a 50 ans. Pour moi, le violon au masculin, c’est avant tout du violon. Je ne crois pas qu’on puisse vraiment différencier entre les violoneux et les violoneuses. Mais entre les individus, homme ou femme, il y a beaucoup de différence.»

Mine de rien, les six violoneux réunis au Centre Belle-Alliance étaient les dignes représentants des principales influences ayant court aux Maritimes et même, dans l’est du Canada.

L’on pourrait croire que les deux violoneux des Îles-de-la-Madeleine, Bertrand Desraspe et Pascal Miousse, auraient des styles semblables. Pourtant, étant de deux générations différentes, leurs influences les mènent dans différents répertoires. Bertrand Desraspe joue dans les répertoires de Ti-Jean Carrignan, du Québec, tandis que Pascal Miousse, qui fait la tournée avec le groupe Vishten, est soumis à des influences internationales qui teintent son jeu. Également, ils produisent avec leur violon des sonorités différentes. Bertrand Desraspe affectionne tout particulièrement les sons «râpeux» tandis que le son de Pascal est plus «propre».

Jesse Francis décrit ses influences comme étant écossaises. «Je pense que celui qui est le plus près de mon style de jeu, et qui est ici ce soir, c’est Ward MacDonald. Son style est de l’Île et du Cap-Breton. Quand on est aux Maritimes, c’est difficile de ne pas être influencé par le style du Cap-Breton. On pourrait dire que c’est la source principale.»

Ward MacDonald est l’un des violoneux de l’Île qui influencent le jeu dans sa région de l’Est de l’Île et qui souhaite que le violon se répande partout où il y a dix doigts pour en jouer. «Secrètement, vous voulez tous apprendre le violon», a-t-il dit au public dans le but non caché de promouvoir le prochain camp de violon.

En 2010, il a organisé le premier camp de violon de l’Î.-P.-É. et le succès a été concluant, si bien qu’un second camp de violon est en cours d’organisation pour le début de l’été 2011.

Le plus jeune violoneux du «groupe de six» qui était en vedette le vendredi 22 octobre était Trevor Profit, de Summerside, l’un des bons jeunes violoneux montants, qui a entre autres pris des leçons avec Anastasia DesRoches et d’autres profs.

Tous ces violoneux étaient accompagnés au piano et à la guitare, ou au piano seulement. Jesse Francis est d’avis que l’accompagnement au piano en particulier apporte beaucoup aux violoneux. «Prenez Kevin Chaisson, par exemple, celui qui accompagne Ward MacDonald ce soir. C’est un maître de l’accompagnement. Il joue ce qu’on pourrait appeler une contre-mélodie. Cela enrichi le jeu et le complète.»

Editeur : La Voix acadienne