<< Retour | Archives
Publié le mercredi 5 octobre 2011 | Mis à jour le mercredi 5 octobre 2011

La récolte des patates est bien commencée

Jacinthe Laforest

Depuis quelques semaines déjà, les producteurs de pommes de terre récoltent le fruit de leur labeur et de la terre.  La saison a été éprouvante pour les producteurs.  Les pluies printanières et le froid qui s’est maintenu tard dans la saison a retardé les semailles.  Puis, le froid et la pluie de juillet ont retardé la croissance des tubercules, tout en favorisant l’apparition du mildiou.  

Le temps sec et chaud des dernières semaines a aidé les producteurs à enrayer le mildiou mais la sécheresse qui s’est poursuivie trop longtemps a ralenti la croissance des patates, surtout de la principale variété tardive, la Russet Burbank.  

Les variétés hâtives et de mi-saison, comme par exemple la Dakota Pearl récoltée la semaine dernière à Mont-Carmel par les Fermes Urbainville, ont été favorisées juste à temps par la météo.  

Selon Greg Donald, de l’Office de la pommes de terre, les récoltes des variétés hâtives et de mi-saison sont bonnes et les tubercules sont d’excellente qualité.  Pour ce qui est des variétés tardives, c’est-à-dire la grande majorité des variétés récoltées à l’Île, la qualité sera très bonne mais les quantités seront moyennes.  C’est du moins ce que M. Donald disait le vendredi 30 septembre tout en avertissant que les pluies attendues pour la fin de semaine pouvaient affecter les récoltes dans un sens ou dans l’autre.  

Le jeudi 29 septembre, Alfred Arsenault d’Urbainville conduisait une récolteuse à Mont-Carmel.  «Ça va bien, mais la terre est trop sèche et il y a de la poussière.  Cet été, il est tombé beaucoup de pluie et après, la terre a crouté.  Là, on ramasse des gros morceaux de terre qui tombent en poussière.»

Alfred Arsenault a expliqué que lorsque la terre est humide et malléable, elle s’accumule autour des tubercules et sur les chaînes de la récolteuse, offrant ainsi une protection aux fragiles patates.  Quand il n’y a pas assez de terre autour des patates, elles peuvent être endommagées au moment des manipulations de la récolte.  C’est un problème, surtout pour les pommes de terre qui restent en entrepôt durant des mois.  

Les pommes de terre qui ont été récoltées jusqu’à présent cette année étaient les variétés hâtives ou celles de mi-saison.  Cette semaine, si la météo le permet, la récolte des variétés tardives va commencer et on s’attend que toutes les patates seront rentrées vers la fin octobre, avant les premiers gels.  

À l’Office de la pommes de terre, M. Donald estime que les marchés d’exportation de cette année ne seront pas aussi bons que l’an dernier.  On se souviendra que l’an dernier, plusieurs pays producteurs ont eu des récoltes désastreuses et ont dû importer au lieu d’exporter.  Cette année, leurs récoltes semblent bonnes.  «Ils ne nous enverront pas nécessairement de pomme de terre ici à l’Île mais ils vont vouloir vendre à nos clients.  Nous serons en compétition pour les mêmes marchés.»

Greg Donald dit aussi que l’Île ne devrait pas rester avec des surplus exorbitants car la superficie ensemencée a été réduite de 1 000 acres, pour se situer à 84 500 acres.  De plus, comme nous le disions plus tôt, la récolte des variétés tardives sera moyenne.  

Presque toutes les pommes de terre récoltées à l’Île sont vendues à l’extérieur de l’Île, à des transformateurs ou sur les marchés d’exportations.  Greg Donald soutient en effet qu’un seul producteur de pommes de terre à l’Île pourrait fournir assez de patates pour tous les résidants de l’Île et les touristes, pendant un an.