À 16 ans, elle réussit le standard national senior à la natation
Florence Bolduc
L’Orignal - Dans un sport où les athlètes atteignent leurs meilleures performances à la mi-vingtaine, Marie-France Gauthier, 16 ans, de L’Orignal, peut se vanter d’avoir réalisé un exploit en soi.
En effet, le 2 avril dernier, lors d’une compétition qu’elle décrit elle-même comme anodine, la jeune nageuse a réussi le standard national senior pour la distance du 50 mètres brasse.
«Lorsque j’ai fait le standard, les parents des autres athlètes ont tout de suite félicité mes parents (Jacques et Suzanne). Les entraîneurs sont également venus me féliciter. J’avoue que sur le coup nous ne comprenions pas la commotion. Pour moi, je ne venais que de réaliser un bon temps», raconte-t-elle.
Cette performance était certes la meilleure de sa carrière, mais elle lui ouvrait également les portes des compétitions de niveau national. Au cours de la fin de semaine dernière, elle a ainsi participé aux essais de l’équipe canadienne senior de natation en vue des Championnats mondiaux de sports aquatiques qui se dérouleront cet été à Montréal.
Bien qu’elle n’ait pas réussi à se classer pour l’événement sportif, la jeune fille s’est dite heureuse de sa performance. «Je n’ai pas réussi à battre mes propres records, mais je crois avoir fait une bonne performance. Juste d’être là, à cette compétition, était beaucoup de stress. Je suis contente d’avoir pu faire ce que j’ai fait, affirme l’athlète qui avoue qu’elle aura à apprendre à mieux gérer son stress avant les compétitions à l’avenir. La nuit avant chaque compétition, je ne suis pas capable de dormir tellement je suis nerveuse.»
Pour la jeune Gauthier, réussir un standard national était un objectif de carrière. «Je me souviens, lorsque nous étions toute jeunes, ma sœur Véronique et moi rêvions de prendre le départ avec des athlètes olympiques. Cette fin de semaine (aux essais des championnats mondiaux), il y en avait», indique-t-elle.
Maintenant son objectif atteint, la jeune fille ne cache pas qu’elle aura un choix à faire. «C’est dans ce temps-là que tu es content d’avoir de bons parents pour te conseiller. Si je veux aller plus loin en natation, comme faire l’équipe du Canada, je devrai choisir entre les études et le sport. J’y pense présentement, mais ma décision n’est pas encore prise.»
Marie-France est présentement en 10e année. Malgré un horaire chargé qui l’oblige à quitter avant la fin des cours, celle-ci réussit à garder un moyenne de 90 pour cent. «Je ne l’ai pas toujours facile. Je dois faire mes devoirs la fin de semaine, je n’ai pas beaucoup le temps de sortir», confie-t-elle.
Pointe-Claire: un point tournant pour Marie-France
En septembre dernier, l’athlète s’est retrouvée sans entraîneur à la suite du déménagement de son entraîneure Kenda Palmer, à Kingston. Étant la seule du club de Hawkesbury de son niveau, il n’était pas question de faire venir un entraîneur spécialement pour elle. Alors, ce qui aurait pu devenir la fin de carrière pour la jeune Gauthier, est devenu un point tournant pour celle-ci.
«Je me suis retrouvée au club de Pointe-Claire. C’est vraiment là que mes performances se sont mises à s’améliorer», confirme-t-elle.
Après le départ de sa soeur aînée Véronique, pour l’Université d’Ottawa, où cette dernière continue d’ailleurs à s’entraîner en natation, la cadette s’est retrouvée seule. «Je n’avais personne avec qui m’entraîner pour me motiver. Ce n’était pas toujours facile. Maintenant que je suis avec le club de Pointe-Claire, je m’entraîne avec plusieurs personnes et c’est beaucoup mieux», avoue-t-elle.
D’ailleurs celle-ci n’est pas la seule de la région à s’entraîner du côté québécois. Chez les 13-14 ans, Sophie Séguin, Karine Pilon et Elizabeth Lang le font tout comme Lindsay Kelly chez les 11-12 ans. Malheureusement, pas question de voyager avec ces jeunes filles pour Marie-France parce que leurs horaires ne correspondent pas.
Ce sont donc ses parents qui les lundis, mercredis, vendredi soir et samedis matin doivent faire le trajet. Trop occupée, l’athlète confie qu’elle n’a même pas le temps d’obtenir son permis de conduire.
Editeur : Le Carillon
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