Le 25 janvier 2006
Le Carillon
Recomptage judiciaire envisagé par les libéraux
Par : Robert Savard
Editeur : Le Carillon
St-Isidore - On ne lisait que consternation et déception sur les visages de la centaine de personnes venues supporter René Berthiaume. Cela s’explique par le faible écart qui sépare le libéral de son adversaire conservateur, Pierre Lemieux. Les résultats préliminaires font état d’un écart de 210 voix entre les deux candidats, alors qu’il y aurait eu 505 bulletins rejetés. Il y a donc un recomptage judiciaire à l’horizon.
Très tôt dans la soirée, les stratèges libéraux voyaient défiler les résultats avec incompréhension. L’avance de Pierre Lemieux n’a été menacée qu’une seule fois dans la soirée.
Toutefois, cette bouffée d’optimisme a été rapidement endiguée. L’espoir manifesté au début du dépouillement a rapidement fait place à la dure réalité de la défaite. Le comté de Glengarry-Prescott-Russell, jadis un château fort libéral, était en train de passer à la partie adverse.
René Berthiaume envisage sérieusement la possibilité de contester le résultat de l’élection, en raison du peu de voix le séparant de son adversaire Pierre Lemieux. « Je vais rencontrer les membres de l’exécutif libéral, au cours des prochains jours. Il y a des choses que nous devons évaluer. Mais il est possible qu’en fonction du nombre de bulletins de vote qui auront été annulés, il y ait une demande de recomptage », a-t-il indiqué.
Entre-temps, il a accepté la défaite avec philosophie. « Nous avons fait la meilleure campagne possible, mais nous devons nous plier à la décision des électeurs », a-t-il déclaré à l’issue du vote. Il est d’avis toutefois que la campagne nationale a eu des effets négatifs dans le comté. « Nous avons démarré plus lentement que nos adversaires. Cela nous a probablement nui », a-t-il ajouté.
M. Berthiaume a remercié longuement ses bénévoles, des personnes « dévouées, un groupe de gagnants ». Il a également promis qu’il serait de la prochaine campagne électorale, si les membres du parti lui accordent de nouveau leur confiance.
Une personne pour qui la défaite a un goût particulièrement amer est sans contredit le député sortant, Don Boudria. Sa déception était palpable, lundi soir. Les avances confortables auxquelles il avait habitués ses supporters ont fondu comme neige au soleil. De 6 000, en 2004, elle a été réduite à néant, cette année. Il refuse toutefois de lancer le blâme sur le candidat défait. « Ce n’est pas qu’un comté que nous avons perdu, c’est le pays en entier », a-t-il lancé, les yeux encore baignés de larmes.
Lorsque le représentant du Carillon lui a demandé s’il regrettait d’avoir démissionné de son poste, il a longuement hésité avant de lancer : « La réponse que je vais vous fournir ne sera pas satisfaisante pour vous, mais c’est la seule que vous aurez. Si M. Berthiaume sollicite de nouveau l’électorat, je vais être le premier à l’appuyer ». Il blâme, lui aussi, la lenteur avec laquelle l’organisation libérale nationale a démarré la campagne électorale. « Nous tirions de l’arrière, au début. Nous étions toujours sur la défensive, en train de parer les coups. C’est n’est que tout récemment qu’elle a repris de la vitesse », a-t-il déclaré.
Présent au dévoilement du scrutin, le maire de Hawkesbury, Jacques Hétu, s’est montré plus objectif. Libéral de longue date, il s’était tout de même abstenu de supporter l’un ou l’autre candidat. « Devoir de maire oblige, dit-il. Comme je l’ai toujours fait, je vais travailler de façon positive avec le député en place ».
M. Hétu a cependant sa petite idée sur le déroulement de la campagne. « Les électeurs ont sanctionné le parti libéral. Ce n’est pas l’homme et son engagement qui sont en cause », a-t-il souligné. Selon lui, une déclaration de l’ancien ministre Francis Fox résume assez bien la situation : « l’usure du pouvoir a gagné ».
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