Le 12 janvier 2005
Volume 58
Numéro 1
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| Lors de leur passage à la Maison de l’Ile, Louis Drouin et son épouse Suzanne ont regardé avec attention toutes les photos de l’exposition dans le but d’y reconnaître d’anciens voisins, d’anciens amis et même de s’y apercevoir.
Photo Florence Bolduc |
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Après plus de 45 ans, Louis Drouin fait un retour
au Chenail
Par : Florence Bolduc
Editeur : Le Carillon
Hawkesbury-
Accroupie sur l’une des tables de l’exposition Souvenirs du Chenail présentée par le Centre culturel Le Chenail, Louis Drouin s’est rappelé avec émotion l’endroit qui l’a vu naître en 1934, l’île du Chenail.
Sur cette petite île, aujourd’hui devenue un parc, se trouvait autrefois le quartier du Chenail, un véritable village, bâti au tour du moulin à scie Hamilton. «Tout le monde se connaissait. Lorsque l’expropriation a eu lieu, les gens se sont dispersés à gauche et à droite, mais pendant longtemps ils ont continué de se rencontrer à chaque année», raconte l’ancien résidant au sujet de ce «quartier ouvrier» très modeste.
Bien qu’il n’y résidait plus lors de l’expropriation de 1960, Louis Drouin n’a rien oublié. Sa mère et l’un de ses frères y habitaient toujours lors du déplacement. «Il y avait beaucoup d’inquiétude. Les gens se demandait où ils allaient déménager», témoigne-t-il.
Sa demeure familiale, comme plusieurs maisons de l’île, n’avait rien d’un château. «C’était un duplex. Nous étions propriétaires d’un côté, et les voisins, de l’autre. La maison était faite en planches de bois. L’hiver, le vent passait à travers la maison et il y faisait tellement froid que nous devions laisser couler un filet d’eau du robinet pour empêcher la tuyauterie de geler. Notre maison n’était pas isolée comme la plupart, mêmes si certaines l’étaient avec du brin de scie qui provenait du moulin», se souvient-il.
Les larmes aux yeux, il explique que sa maison se trouvait exactement à l’actuelle embouchure du pont du Long-Sault. L’un de ses frères, Jean-Claude, décédé récemment, était d’ailleurs présent lors de la première pelletée de terre du pont en question en tant que conseiller municipal. Ce dernier a été extrêmement actif pour garder en vie la mémoire du quartier du Chenail.
En regardant par la fenêtre, M. Drouin pointe l’ancienne école du Christ-Roi. «Nous allions tous à cette école. L’hiver, nous traversions la rivière glacée et ce, matin, midi et soir. Même l’été, il nous arrivait de traverser à gué car l’eau y était peu profonde à cette époque, avant le barrage. Il y avait des rapides mais nous pouvions facilement marcher sur les roches. Moi, je ne le faisais pas trop souvent parce que ma mère détestait lorsqu’on revenait tout sales», raconte-il..
Aujourd’hui résidant de Bertrand au Nouveau-Brunswick, M. Drouin garde de bons souvenirs du Chenail et de ses habitants et c’est le coeur gros qu’il a quitté l’île, encore une fois.
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