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Publié le lundi 29 novembre 2010 | Mis à jour le lundi 29 novembre 2010

La grève se poursuit

Chantal Quirion

Photo Chantal Quirion
Les employées des Maisons de la famille sont toujours sur les lignes de piquetage.

Hawkesbury - La pluie est froide, parfois verglaçante, mais les travailleuses des Maisons de la famille ne se laissent pas démonter. Lundi matin, elles étaient à nouveau à Hawkesbury pour manifester.
Depuis mercredi dernier (17 novembre), des piquets de grève ont été organisés principalement à Hawkesbury. Elles comptent poursuivre à Rockland dans les jours qui viennent. Les sept travailleuses sont sans convention collective depuis mars dernier.

Les négociations entreprises en août dernier, avec l’employeur, le Groupe action pour l’enfant, la famille et la communauté de Prescott et Russell sont à nouveau rompues.

Le même scénario s’est produit à plus d’une occasion. Lorsqu’on arrive à une clause concernant la mobilité de la main-d’œuvre, les positions des deux parties semblent inconciliables.

Les employées, refusent catégoriquement qu’une clause permettant leur transfert à chaque 1er avril, soit ajoutée à la convention. Pour sa part, leur représentant, Paul Sharkey, du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), affirme que cette clause est inacceptable. « Les travailleuses ont postulé en fonction de leur lieu de travail. Advenant une mutation dans une autre ville ou village, cela engendrerait des frais de transport substantiels, ainsi qu’une diminution de la qualité de vie liée à la perte de temps consacrée aux déplacements. »

Notre journal a posé la question très clairement au directeur général du Groupe action, Yves Séguin.

Pourquoi tenez-vous absolument à avoir le droit de changer une employée de lieu de travail à chaque 1er avril?

« Premièrement, je pense que c’est le droit de l’employeur, répond M. Séguin. Deuxièmement, c’est pour redonner une motivation. »
Pouvez-vous élaborer?

« À certains endroits la productivité a baissé et, parfois, c’est ce qui arrive quand on est longtemps à la même place. L’employeur doit avoir la possibilité de former les meilleures équipes pour que les parents aient le meilleur service. Naturellement, là où il y a le besoin. »

Les employées indiquent que cette clause est une mesure punitive; pouvez-vous commenter?

« N’importe quoi qui apporte du changement est perçu de cette façon. Ce n’est pas une méthode punitive, mais je ne peux pas empêcher l’autre partie de le penser. Cela avait été mis sur la table trois ans passés et on l’avait laissé tomber. Mais cette fois-ci, ce ne sera pas le cas et j’ai l’appui inconditionnel de mon conseil d’administration », conclut M. Séguin.

Le président du conseil d’administration, Louis Rathier, a confirmé cet appui en indiquant que le conseil n’a pas l’intention de s’immiscer dans le conflit.

De leur coté, les employées persistent et signent. « C’est du chantage. Cette clause ne servirait qu’à pouvoir nous faire chanter. Quand ils décident de se mettre sur le dos de quelqu’un, ils ne lâchent pas. Avec cette clause, ils (le personnel de direction) pourraient dire, si tu ne fais pas ceci ou cela, je te change de place. Il y a d’autres moyens de corriger des situations ou de régler des conflits », disent-elles.

Quant aux rumeurs qui voulaient que cette clause soit reliée à des économies pour l’employeur, il semble que, dans les faits, six des travailleuses sont assignées à des maisons précises et qu’elles se déplacent très rarement, seulement pour une réunion au siège social. Ce n’est donc pas leurs dépenses de transport qui peut motiver cet ajout à la convention, affirme M. Sharkey.

Les Maisons de la famille sont réparties sur le territoire de Prescott et Russell, à Hawkesbury, Rockland et Embrun, ainsi qu’à Alfred, Plantagenet, Bourget et Limoges en ce qui concerne les succursales satellites.

Aucune rencontre entre les deux parties n’est à l’horaire.


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Editeur : Le Carillon