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Le 7 octobre 2005

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

William Roach aux côtés d’une de ses oeuvres, l’hippocampe. Cet artiste de Chéticamp est le récipiendaire du Prix Grand-Pré 2005. Photo : ministère du Tourisme, de la Culture et du Patrimoine de la N.-É.

Des œuvres qui le mènent loin

Par : Caroline Déchelette
Editeur : Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Pour son savoir-faire traditionnel et pour avoir créé des oeuvres qui représentent la culture traditionnelle acadienne, le sculpteur William Roach a reçu le Prix Grand-Pré 2005.

Ce n’est pas sans émotion que M. Roach a reçu ce prix. « Quand j’ai reçu l’appel, j’étais surpris car c’est la première fois que j’ai quelque chose comme ça. »

« Le comité a choisi William Roach pour recevoir ce prix en raison de sa pratique innovatrice de l’art visuel qui valorise la culture acadienne; de son dévouement envers les traditions sculpturales acadiennes (taillées à la main); ainsi que ses reconnaissances nationales et internationales que ce soit par les prix ou par l’achat de son travail par des collections publiques ou privées », a expliqué Lois Ward, directrice du programme, division de la Culture du ministère du Tourisme, de la Culture et du Patrimoine de la Nouvelle-Écosse.

M. Roach est un artiste acadien qui est né, qui a grandi et qui vit toujours à Chéticamp. Il y a 20 ans, M. Roach a choisi de vivre de son art après avoir occupé plusieurs emplois. « Je ne pouvais pas toujours faire la même affaire... et je pensais toujours à mon art », a-t-il confié. C’est pourquoi les affaires, le métier de camionneur, de nettoyeur à sec ou encore de vendeur n’ont pas su capter son attention. Toujours, sa passion reprenait le dessus.

M. Roach utilise des outils traditionnels tels que le ciseau ou le couteau pour sculpter ses œuvres dans des morceaux de pin. Il a pris la décision de ne pas utiliser d’outils électriques excepté la scie d’établi pour couper de grands morceaux. Par la suite, il utilise des couteaux spéciaux. Il travaille donc son bois à la main.

Il crée des personnages, des oiseaux, des chats, des chiens ou autres. « Je m’inspire de ce qui m’entoure. À chaque fois, j’ai hâte de voir mon œuvre prendre forme », a-t-il confié. Celui-ci a avoué que les choses ne vont pas toujours comme il le désire. « Parfois, ça ne fonctionne pas comme je veux, alors les morceaux finissent dans le poêle. »

Chaque jour, c’est un réel plaisir pour William Roach de se rendre dans son atelier et de créer ses œuvres. « Je fais cela depuis mon enfance. Ça me fait du bien. »

Les œuvres de M. Roach resplendissent de couleurs vivantes et dynamiques. « J’utilise la couleur, car quand j’étais jeune, les pêcheurs peignaient leurs maisons avec les restes de la peinture destinés aux bateaux. J’ai toujours aimé regarder ces couleurs. »

Cet artiste, dont les œuvres sont reconnues partout dans le monde, a même reçu en 2000 la visite de la gouverneure générale Adrienne Clarkson. « Elle était venue pour une œuvre en particulier, mais elle avait été achetée une semaine plus tôt. »

Outre la sculpture, M. Roach se passionne pour la peinture à l’acrylique. « Je peins des villages de pêcheurs, des quais, des cabanes, des goélands... j’aime beaucoup tout ce qui ce rapporte à la mer. »

À 55 ans, M. Roach entend finir sa vie à Chéticamp et se donne le temps de faire encore de nombreuses œuvres d’art. Peut-être le temps venu, un de ses trois fils, à qui il a transmis sa passion, pourra marcher sur le chemin de son père.



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