Le 21 octobre 2005
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Une grande artiste de la laine est décédée
Par : Caroline Déchelette
Editeur : Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
Élizabeth Lefort, mère du tapis hooké, est décédée à l’âge de 91 ans. Lors de l’Assemblée générale annuelle de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, un hommage lui a été rendu. Tous les participants ont observés une minute de silence.
Mme Lefort est née le 17 juillet 1914, à Point Cross (paroisse de Chéticamp). Elle était fille de feus Placide Lefort et Évangéline LeBlanc et la dernière d’une famille de douze enfants.
C’est de sa mère qu’est née sa passion pour le hookage. Déjà petite, Élizabeth s’intéressait à l’art pratiqué par sa mère. Rapidement, elle est devenue experte dans cet art qui fait désormais la renommée de Chéticamp. Alors que les hookeuses de la région créaient des tapis à motifs de fleurs, Élizabeth, elle, s’orientait vers les paysages.
C’est en 1950, qu’elle rencontre l’homme qui deviendra son époux. M. Walter Kenneth Hansford était un homme d’affaires originaire de Toronto, mais également un artiste. Grâce à son union avec M. Hansford, la carrière d’Élizabeth a pris une belle envolée. Celui-ci l’a encouragé à développer davantage ses dons artistiques et à faire reconnaître son talent au monde entier. Au cours des années, Mme Lefort a reproduit en « tapis hookés » des portraits de personnes célèbres telles que, entre autres, Sa Majesté la Reine Elizabeth II, Sa Sainteté le Pape Pie XII, le Président américain, Dwight Eisenhower et le Premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau.
Encore aujourd’hui, il n’est pas rare de trouver les oeuvres d’Élizabeth Lefort au Vatican, à Buckingham Palace ou encore à la Maison blanche.
Mme Lefort a reçu plusieurs reconnaissance telles qu’un doctorat honorifique de l’Université de Moncton en 1975 et l’Ordre du Canada en 1987.
La Société Saint-Pierre de Chéticamp a acheté une vingtaine d’oeuvres de Mme Lefort. Ces dernières sont exposées au centre Les Trois Pignons à la Galerie Élizabeth Lefort, nommée en son honneur.
« La communauté apprécie le travail qu’elle a fait et a le plus grand respect pour Élizabeth Lefort qui a mis Chéticamp sur la carte. Ces scènes religieuses étaient vraiment spéciales, de même que ses visages qui ressemblaient beaucoup à la réalité. Elle était humble et simple. C’était une femme qui passait inaperçue et ne faisait pas de bruit. Elle ne dérangeait rien. Une fois, elle a même payé l’entrée du musée, sans rien dire. »
Laurette Deveau, résidante de Chéticamp.
« Élizabeth Lefort était comme un pilier de la communauté acadienne. Grâce à elle, Chéticamp est reconnu comme étant la capitale mondiale du tapis hooké. Elle a mis Chéticamp sur la carte. C’était une personne très discrète dans la communauté. Elle faisait sa petite affaire et était gênée quand il y avait de grandes choses. Élizabeth a laissé à la communauté de Chéticamp son talent, son amour du hookage et pour l’art. Pour elle, c’était sa vie. C’était une personne aimable, gentille... qui aimait beaucoup la visite. Elle avait une mémoire phénoménale et savait tout ce qui se passait. Elle était très religieuse et avait toujours son chapelet avec elle. »
Yvette Aucoin, présidente de la Société Saint-Pierre.
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