Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

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Le 11 novembre 2005

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Les côtes occidentales de la Nouvelle-Écosse auraient sans doute été le théâtre d’histoires de pirates… Photo : Vincent Fortier

Piraterie en Acadie?

Par : Vincent Fortier
Editeur : Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

L’Anse-à-l’Ours sur la côte ouest de la Nouvelle-Écosse. Ses fondateurs y découvrent des traces de visiteurs temporaires. Des navigateurs à première vue. On croit dès lors que des trésors de pirates pourraient être cachés dans la région. Intrigués par leur désir de s’enrichir et leur soif de légendes, les anciens Acadiens de la région réaliseront régulièrement des expéditions d’excavation…

Est-ce que les pirates ont réellement longé les côtes de la Nouvelle-Écosse? Rien ne peut le prouver hors de tout doute. Mais les légendes qui font surgir ces bandits des mers limitrophes de la province atlantique sont nombreuses. Pendant la Révolution américaine et la guerre de 1812, on croit que des corsaires se sont réfugiés le long de la baie Sainte-Marie pour éviter l’ennemi. Et à l’Anse-à-l’Ours, un informateur indique que ceux-ci y aurait même bâti une cabane.

Bien sûr, tout ce qui se rattache au folklore se rapporte aussi à la tradition orale. De bouche à oreille, on exagère, on embellit, on pimente au gré de notre imagination. Au large du Cap-Sainte-Marie, toujours sur la côte ouest, un canon de laiton serait enterré. Un canon qui aurait été laissé par des pirates. Fait ou mythe?

Le gentil pirate, le romantique et l’énigmatique

On imagine toujours les bandits de mer comme des hommes sanguinaires et sans merci. Cette histoire vous réconciliera peut-être avec cette bande de pilleurs! Plusieurs membres d’une famille d’Entremont du Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse sont déportés vers Boston. Leur bateau fait escale à Halifax. Un officier anglais, qui aurait d’abord été pirate ou corsaire, reconnaît une femme du groupe. Celle-ci lui aurait déjà sauvé la vie à la suite d’un combat. Se rappelant de sa dette envers elle, l’homme s’engage à redonner sa terre aux d’Entremont.

Un autre pirate, le capitaine Hall, aurait foulé les terres de la Nouvelle-Écosse. Plus précisément à ce qui est aujourd’hui connu comme Hall’s Harbor dans le nord. Puisqu’il y était établi non loin de là, dans le campement d’une Amérindienne avec qui il avait une liaison. Après une aventure de piraterie digne de ce nom, le capitaine Hall aurait recueilli une boîte pleine de trésors pour sa bien-aimée. Mais les Anglais seraient arrivés au campement juste avant Hall et à son arrivée, ils auraient fait feu sur lui.

L’histoire la plus mystérieuse de trésors de la province demeure sans doute celle de l’île aux Chênes (Oak Island) au sud. En 1795, Daniel McGinnis, 17 ans, remarque une poulie attachée à un arbre et dessous, au sol, de la terre comme si on avait tenté de boucher un trou. Certains attribuent ce trésor au Capitaine Kidd. Une autre légende de pirates est enclenchée. Et elle dure depuis…

En effet, depuis maintenant plus de 200 ans, des recherches sont effectuées à cet endroit pour y dénicher le fameux butin. Six personnes sont mortes en tentant de le faire. La légende dit qu’après sept victimes, le mystère sera résolu. Et tout porte à croire qu’il y a véritablement quelque chose d’enfoui dans le sol de l’île aux Chênes. En creusant au fil des ans, on y aurait retrouvé sous des couches régulières de roches et de bûches, un vieux sifflet, de la monnaie, du charbon – probablement des artéfacts des anciennes fouilles –, une inscription disant « quarante pieds dessous, deux millions sont enterrés » et possiblement deux coffres en chêne remplis de métal… L’histoire aurait même intéressé le cinéaste John Wayne et le président américain Franklin Roosevelt.

Des corsaires à coup sûr

Si le passage des pirates dans la province relève plus souvent de la légende, les corsaires, eux, ont véritablement sillonné les côtes néo-écossaises. Dirigés par le gouvernement, les corsaires gardaient les côtes, éloignaient les bateaux qui n’étaient pas dans leur territoire. Et compte tenu de sa position géographique, la Nouvelle-Écosse a souvent été le théâtre de combats du genre.

Pendant la guerre de 1812, la chose était courante. De nombreuses embarcations américaines ont été prises par les corsaires. Ces derniers avaient donc bonne réputation. Ils risquaient leur vie pour leur patrie. Et cette occupation, contrairement à celle de pirates, était légale. À la fin du XVIIIe siècle, les gains des corsaires servirent même à financer le nouveau parlement!



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