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Le 3 mars 2006

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Un cadeau empoisonné pour les parents de l’école Beaubassin

Par : Caroline Déchelette
Editeur : Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Les parents de la communauté scolaire de l’école Beaubassin (maternelle à la 8e année), à Halifax, ont reçu un cadeau empoisonné le 20 février dernier. Ils assistaient à une session d’information concernant le sort qui sera attribué à leur école. En effet, l’espace pour accueillir les élèves se fait de plus en plus restreint. « En 2009, nous aurons besoin de neuf locaux supplémentaires », a indiqué Lise Surette, présidente du Comité d’action des parents de l’école Beaubassin (le Comité).

Près de 125 parents sont venus écouter les membres du Comité, le président du comité école consultatif, le directeur général du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), Darrell Samson, et le sous-ministre de l’Éducation, Dennis Cochrane.

À la surprise générale, le sous-ministre a proposé que certaines classes (possiblement de la maternelle à la 3e année) soient transférées dans l’enceinte de l’école St. Catherine’s, une école d’immersion pour élèves anglophones. Pour M. Samson, « ce n’est pas au ministère de décider quels niveaux devraient être transférés, c’est au CSAP. »

Un mur séparerait alors les élèves anglophones et francophones, mais ce ne serait pas une école homogène francophone. « Une école partagée avec les anglophones, ce n’est plus une école homogène comme reconnu par la Cour », a stipulé Darrell Samson, directeur général du CSAP. Aussi, une cafétéria serait construite pour accommoder les francophones.

Mme Surette, qui a reçu cette nouvelle comme un coup d’épée dans le dos, souligne qu’en plus d’être une école anglophone, l’école St. Catherine’s n’est pas située dans les environs de l’école Beaubassin. Un défi géographique inacceptable. « Vous imaginez une famille qui aurait trois enfants dans trois écoles différentes? »

Également, ce « transfert » serait une catastrophe pour la vitalité de la communauté francophone de la région de l’école Beaubassin. « Bien qu’encore fragile, nous sommes une communauté dynamique et vibrante, a expliqué Mme Surette. Notre lieu de rassemblement est l’école. Alors pourquoi l’éclater? » Elle se demande pourquoi les élèves francophones de cette école n’auraient pas droit à une éducation de qualité dans un endroit de qualité.

Mais le problème va encore plus loin. Mme Surette confie qu’il s’agit d’une question d’identité. « Je ne suis pas sûre que les parents d’enfants de maternelle inscriront leur enfant dans le système francophone si une telle solution est prise. »

Le ministère a mentionné qu’il y aurait une nouvelle école et que le niveau secondaire serait inclus à l’école; cela prendrait cinq ans. Les parents sont disposés à accepter une solution intérimaire en attendant la construction de cette école, mais pas aussi longtemps. « Nous sommes prêts à accepter des roulottes, mais pas pour cinq ans », a fait savoir Mme Surette. Le directeur général du CSAP a expliqué qu’une autre enveloppe budgétaire serait annoncée en juin. Toutefois, il faut que les rénovations ou les constructions des écoles (annoncées le mois dernier) soient terminées. « Là est la difficulté », a-t-il indiqué, surtout quand on sait que l’école de la Rive-Sud sera fonctionnelle en 2009. La construction de l’école du Carrefour a demandé environ un an et demi donc c’était concevable que des élèves soient dans des roulottes pendant cette période. « Mais là, une attente de quatre ans, ce n’est pas acceptable », a souligné M. Samson.

Par acquis de conscience, le Comité répondra à l’invitation de M. Cochrane qui est de visiter les locaux de l’école St. Catherine’s. Toutefois, le Comité a souligné qu’il « explorait toutes les options possibles ».

L’école Beaubassin est remplie à pleine capacité, accueillant près de 500 élèves. À son ouverture en 19XX, elle en accueillait près de 280. Et le nombre ira en augmentant dans les prochaines années. Pourquoi au moment de la construction de l’école, personne n’a pensé à anticiper le nombre d’élèves qui pourrait la fréquenter? « Pour la première fois, le ministère avait bâti l’école sur une projection à long terme. Mais qui s’attendait à ce que le nombre d’élèves augmente aussi vite? », a fait savoir M. Samson.



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