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Le 17 février 2006

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Près de 2 000 délégués conservateurs se sont rassemblés à Halifax, le 11 février dernier, afin d’élire un nouveau chef pour leur parti, soit le Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse. Rodney MacDonald, seulement âgé de 34 ans, a été élu au deuxième tour du scrutin, devenant ainsi le successeur de John Hamm. Les candidats défaits étaient Neil LeBlanc, ancien ministre des Finances, et Bill Black, homme d’affaires. Photo : Cyrille LeBlanc

Rodney MacDonald succède à John Hamm

Par : Cyrille LeBlanc
Editeur : Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Rodney MacDonald, originaire d’Inverness, a été élu chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, à 34 ans. Il deviendra ainsi le 30e premier ministre néo-écossais lors d’une cérémonie d’assermentation qui aura lieu le 24 février prochain.

En quelques heures, le congrès tenu les 10 et 11 février derniers, au Centre Metro, à Halifax, a mis fin aux aspirations des Acadiens de voir un des leurs, Neil LeBlanc, occuper le plus haut poste du gouvernement provincial. Aucun Acadien n’a été élu premier ministre depuis 1848 alors que la Nouvelle-Écosse créait ce poste. Et, aucun Acadien en Nouvelle-Écosse n’est à la tête d’un gouvernement depuis que l’Acadie est devenue anglaise en 1710.

M. MacDonald a gagné au deuxième tour de scrutin devançant Bill Black, de Halifax, par 408 voix pour un total de 1 263 votes contre 855. Neil LeBlanc a perdu au premier tour de scrutin par 12 voix et a donc été éliminé le premier de la course. Cela a été comme un « gros coup de pied au ventre » pour ses supporters Acadiens, progressistes-conservateurs traditionnels et gens à l’ouest de Halifax. Il n’y a jamais eu un premier ministre de l’ouest de Halifax non plus. On ne s’attendait pas à une telle défaite au premier tour de scrutin qui a eu pour résultats : MacDonald 789, Black 742 et LeBlanc 730.

Peter Boudreau, un ancien de la politique provinciale et actif au sein de la communauté s’est dit déçu. « Nous (les Acadiens) avons raté notre chance. Nous devrons attendre des années, et des siècles peut-être, avant qu’un Acadien devienne premier ministre de la province. » Pour sa part Gabriel LeBlanc, de l’Isle-Madame, et lui aussi actif dans la communauté, la défaite de LeBlanc est « difficile à avaler ». Il était pour lui le mieux qualifié en plus d’être Acadien.

Ce que cela signifie pour les Acadiens

M. MacDonald a déclaré : « Je suis très fier de la culture et du patrimoine acadiens dans notre province. Je suis chanceux de représenter une région acadienne (Chéticamp, Saint-Joseph-du-Moine) et je suis très fier de cela ». Il a aussi déclaré lors d’une conférence de presse après le congrès que les « enjeux les plus importants pour les Acadiens seront les premiers sur ma liste de priorités ainsi que ceux de tous les gens de la Nouvelle-Écosse ». Après sa défaite, M. LeBlanc a donné ses votes à MacDonald.

M. LeBlanc explique qu’il est allé dans le camp de MacDonald en raison de son expérience dans le gouvernement.

Elias Larade, seul délégué de la région de Chéticamp, a mentionné que M. MacDonald « sera bon pour les Acadiens. Rodney n’a pas de problème avec n’importe quelle nationalité. Il apprendra le français ». Mais, le fait que Neil LeBlanc soit Acadien « ça m’a fait pensé beaucoup » . Même s’il apprécie M. LeBlanc, il indique qu’il a choisi M. MacDonald, de Mabou, étant dans sa circonscription (Inverness) et étant donné qu’il le connaît depuis dix ans et qu’ « il est grand travailleur, éduqué, intelligent et possède les qualités de leader ». Rodney MacDonald est marié à Lori-Ann et père de Ryan.

Comment expliquer sa défaite?

Neil LeBlanc explique sa défaite en disant qu’il aurait pu « recruter plus de nouveaux membres ». Le cas de Bedford où il a été déjoué dans la sélection des délégués a donné « la fausse impression » que les autres candidats étaient mieux organisés. « La perception est importante en politique», a-t-il dit. De plus sa campagne « a manqué de momentum vers la fin et les autres en ont pris. Selon lui, sa campagne a atteint son plus haut point trop tôt et il n’a pas pu maintenir l’avance perçue.

Le fait qu’il ait déclaré ne pas se présenter en politique s’il perdait la course à la chefferie a été une décision familiale et qu’il ne « regrette pas ». Pour le sénateur Gerald Comeau, cela a été une erreur de la part de M. LeBlanc qui, étant donné le vote serré, aurait fait la différence. Il aurait été préférable de dire autre chose « sans mentir » conclut le sénateur.

Pour Louis R. Comeau, de Halifax, un autre ancien de la politique, la décision de M. LeBlanc de ne pas continuer en politique après le congrès a influencé des personnes. Il est d’accord que le camp de M. LeBlanc « a perdu du momentum dans les derniers 10 jours ou les deux autres, surtout MacDonald, ont fait beaucoup de progrès ». À la fin de la campagne, « il y a des supporters de LeBlanc qui ont changé de vote. MacDonald n’avait pas ce nombre de votes il y a un mois », a souligné M. Comeau. Aussi « peut-être que l’équipe de LeBlanc était un peu trop certaine de la victoire ».

Selon M. Comeau, un autre facteur important est que le camp LeBlanc « s’est trop fié aux membres traditionnels du parti (progressiste-conservateur). » Le camp de M. Black, fort dans la région de Halifax, a recruté plusieurs nouveaux membres mettant de côtés les anciens. Louis R. Comeau lui-même, un supporter de Neil LeBlanc, n’a pas réussi à se faire choisir délégué dans sa circonscription qui est la même que M. Black. Il n’était donc qu’observateur au congrès.

La défaite de Neil LeBlanc a aussi été un dur coup pour le Sud-Ouest qui, selon le maire de Yarmouth, Charles Crosby, aurait finalement eu une personne qui connaît les enjeux de cette région et de toute la province.

Les supporters de M. LeBlanc n’ont pas caché leur déception. Tous avaient les larmes aux yeux. Cependant, la grande majorité est restée pour voter au 2e tour de scrutin par respect pour M. LeBlanc. La plupart a voté pour M. MacDonald. Le sénateur Comeau a cependant appuyé M. Black au 2e scrutin parce qu’« il a appris ma langue (française) ».

Neil LeBlanc s’est dit déçu de sa défaite « surtout pour les personnes qui ont cru en moi ».



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