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Le 2 décembre 2005

Le Franco

Acadien de cœur et Franco-Albertain d’adoption
André Boudreau s’éteint à l’âge de 60 ans

Par : Étienne Alary
Editeur : Le Franco

La famille et les amis d’André Boudreau se sont rassemblés, le 26 novembre dernier en l’église Saint-Thomas d’Aquin, à Edmonton, pour rendre un dernier hommage à André Boudreau.

Au début de la cérémonie, un témoignage personnel et un témoignage professionnel ont été livrés par Frédérick, le fils d’André Boudreau, et par Frank Saulnier de la Chambre économique de l’Alberta.

Frank Saulnier, un ami d’André Boudreau depuis plus de 20 ans, a rappelé que ce dernier attaquait chaque tâche avec un humour naturel. « Chez lui tout se faisait sans prétention, sans cérémonie. Caché derrière son rire caractéristique, un profond sérieux nourrissait sa pensée. Toute parole revêtait ce bel accent acadien qui le séparait de ses interlocuteurs », témoigne Frank Saulnier.

Selon M. Saulnier, André Boudreau a posé plusieurs pierres. « Fier de ses racines acadiennes, André fut un des membres fondateurs de la Société acadienne de l’Alberta. Il a donné des plates-formes aux Acadiens pour leur permettre de célébrer annuellement leur culture, leurs souvenirs de la mer, leur absence de chez eux. Nous maintiendrons la tradition des soupers aux homards et de l’Acad’ici, la fête des Acadiens », souligne Frank Saulnier.

M. Saulnier affirme que de tous les grands gestes qu’il a posés, le premier Congrès mondial acadien est probablement celui qui a laissé le plus grand impact. « Le combat des chefs d’Astérix n’est rien à côté de ce qu’il a vécu pour le réaliser. Cette initiative a reflété sa persistance, sa conviction, sa croyance en la francophonie, sa patience et son désir de faire ce qui devait être fait pour le peuple acadien », lance-t-il.

Ce dernier a dit au revoir à sa façon à André Boudreau. « Je pense sincèrement que nous allons toujours avoir le souvenir d’une personne joviale, un homme dédié à la francophonie, un individu qui sans égoïsme a donné la chance à plusieurs personnes de travailler dans leur province d’adoption. Le connaissant, je suis sûr qu’il a négocié une place de choix où il pourra veiller sur ceux qui l’ont connu en espérant que d’autres choisiront de prendre la relève pour donner une chance égale à ceux que la vie a moins favorisé. »

Lors de la cérémonie, l’abbé Raymond Sévigny, dans son homélie, a tenu à rappeler que malgré la douleur de la perte d’un être un cher, les personnes présentes n’étaient là pour « souligner la mort, mais plutôt pour célébrer le passage à une autre vie ».

Comme l’a rappelé Raymond Sévigny, Dieu est Amour et selon lui, André Boudreau baignait dans cet Amour. « Il faut croire qu’André connaissait Dieu, car il a dit à sa famille, rassemblér autour de lui, je vous aime beaucoup, je sens beaucoup d’amour autour de moi », témoigne l’abbé Sévigny.

Ce dernier souligne qu’André Boudreau aura accompli beaucoup au cours de sa vie en gardant toujours une chose en tête : « Choisis ce que tu veux faire, aie du fun à le faire », a-t-il lancé.

Raymond Sévigny a terminé son homélie avec quelques unes des dernières paroles d’André Boudreau, que l’on reproduit intégralement : « Je vois des visages. Des fois je ne vois personne. Des fois je vois des lumières. Mais c’est tout beau. C’est tout de l’Amour. Il n’y a pas de temps. Le temps n’existe pas. C’est tout de l’Amour. C’est beau l’Amour. C’est comme ça. C’est bon.»



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