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Le 16 janvier 2006

Le Franco

Sprint final

Par : Étienne Alary
Editeur : Le Franco

Dans moins d’une dizaine de jours, les Canadiens se rendront aux urnes pour élire le prochain gouvernement. Qui sera au pouvoir et avec combien de députés? Bien malin serait celui qui pourrait le prédire.

Tout ce que l’on sait, c’est que le Bloc québécois ne formera pas le prochain gouvernement, tout comme le Nouveau Parti démocratique (NPD). Même son chef, Jack Layton, concédait la victoire avant les fêtes et invitait les gens à faire du NPD, le parti qui possédera la balance du pouvoir.

Il reste donc les bleus et les rouges. Tout comme lors des élections de 2004, le Parti conservateur se retrouve, selon les sondages, en avance dans les intentions de vote quelques semaines avant le jour du scrutin.

Cependant, cette fois-ci, la donne est différente. Le chef du Parti libéral, Paul Martin, qui en 2004 avait redoublé d’ardeurs pour finalement former un gouvernement minoritaire, est en train de vivre un vrai cauchemar alors que les tuiles, qui lui tombent sur la tête, se succèdent à un rythme effarent et dans une période cruciale de la campagne.

Si Paul Martin a réussi à éviter de parler du « Scandale des commandites » au cours de la présente campagne, d’autres événements, ou à tout le moins d’autres allégations, viennent le hanter.

Il y a tout d’abord cette bombe qui a éclaté à la fin décembre. La Gendarmerie royale du Canada (GCR) a ouvert une enquête criminelle relativement à un possible délit d’initié commis à l’égard d’une annonce gouvernementale survenue le 23 novembre.

De possibles fuites au sein du gouvernement libéral auraient profité à certains investisseurs. On se souviendra que le ministre des Finances Ralph Goodale avait annoncé lors de cette journée la fin imminente du moratoire sur la création de fiducies de revenu et une diminution d’impôts sur les dividendes. Le hic dans cette histoire, c’est que quelques heures avant cette annonce, la Bourse de Toronto avait vu un nombre surprenant de transactions de parts de fiducies de revenu.

Puis, il y a ce dossier d’Option Canada, un organisme impliqué dans la défense du « Non » en 1995 lors de la campagne référendaire, qui avait reçu quelque 4,8 millions $ et dont les rapports manquent à l’appel.

Même si aucune accusation n’a encore été portée dans ces dossiers, le seul fait de voir la GRC s'y intéresser de près en pleine campagne électorale risque d’en convaincre plusieurs de ne pas voter pour les libéraux.

Puis, il y a Stephen Harper, qui, selon plusieurs, est méconnaissable cette fois-ci, jouant parfaitement son rôle plutôt que de forcer la note.
Donc, un nouveau Stephen Harper, des enquêtes de la GRC et, surtout, le fait que les libéraux sont au pouvoir depuis maintenant 12 ans; en voilà des éléments ne jouant pas en faveur des troupes libérales.

Malgré tout, la campagne électorale n’est pas terminée puisque tout se jouera en Ontario et en Colombie-Britannique. Suite aux derniers débats des chefs, il reste maintenant à voir les prochains sondages. Si ces sondages continuent de laisser entrevoir une poussée conservatrice, la fameuse phrase de Bernard Derome « si la tendance se maintient » pourra alors être évoquée.



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