Le 20 janvier 2006
Le Franco
Les francophones de Canmore s’organisent
Par : Étienne Alary
Editeur : Le Franco
Des francophones de la région de Canmore ont décidé d’unir leurs forces pour accroître la présence du fait français dans cette partie de l’Alberta. « Il y a plein de petits groupes de gens francophones qui se rencontrent déjà. Les professeurs, les jeunes familles et les aînés en sont des exemples. Ce que l’on veut, c’est rassembler tous ces petits groupes; les amener à participer à quelque chose de plus gros », d’affirmer une des personnes qui est derrière cette initiative, Mireille Caron.
Déjà, à la fin novembre, un café-rencontre a été organisé et plus d’une vingtaine de personnes ont participé à cette rencontre sociale. Selon Mme Caron, qui vit à Banff depuis quelques années, la communauté francophone ne peut que bénéficier de cette initiative. « J’ai déjà connu des expériences similaires dans d’autres provinces et chacune de ces expériences a été des plus intéressantes », lance-t-elle.
C’est pour cette raison qu’un comité francophone, qui se nomme « Les Francophones de la Bow », a été mis sur pied tout récemment. Ce comité était censé devenir officiellement un cercle local francophone, le 26 janvier, pour ensuite faire une demande formelle à l’Association canadienne-française de l’Alberta, mais les dirigeants du comité ont décidé de repousser cet échéancier. « Il y avait plusieurs démarches à faire dans un court laps de temps. Nous préférons solidifier le comité et aller chercher des appuis dans la communauté. Lorsque nous aurons quelque chose de concret, nous pourrons nous embarquer dans toute la politique qui entoure la demande pour devenir un cercle local francophone », explique Mme Caron.
Pour ce groupe, l’objectif est clair; réunir dans un avenir plus ou moins rapproché, tous les francophones et francophiles de la vallée Bow. « On va essayer d’organiser des activités et on va voir où cela va nous mener », souligne Mireille Caron en précisant qu’un autre café-rencontre était prévu pour le 28 janvier.
Même si officiellement, toute la région de Canmore fait partie intégrante de l’ACFA régionale de Calgary-Banff, Mme Caron est d’avis qu’un groupe local doit être formé. « La régionale organise des trucs de temps en temps, mais ses moyens sont limités. En devenant un jour un cercle local, on pourrait présenter nos propres activités », présente-t-elle.
L’avantage de devenir un cercle local est indéniable, affirme Mireille Caron. « On aurait un budget annuel, ce qui nous permettrait d’organiser des activités. Cependant, un inconvénient serait d’être affilié au bureau provincial de l’ACFA plutôt qu’à la régionale de Calgary qui n’est qu’à une heure de route », signale Mme Caron qui ajoute que ce dossier sera traité lorsque le comité local aura « un noyau solide » de membres.
Une bonne idée?
Du côté de l’organisme porte-parole de la communauté, on est heureux d’apprendre qu’un groupe de francophones de Canmore désire organiser des activités, mais on est un peu moins positif à l’idée de créer un cercle local francophone. « Je suis catégorique, il faut faire quelque chose à Canmore, mais ma première impression est que ce n’est pas en créant des cercles locaux qu’on va régler certains problèmes », soutient le président de l’ACFA, Jean Johnson.
Ce dernier fait notamment allusion aux pochettes francophones qui commencent à voir le jour un peu partout en province et qui ne sont pas desservies par une ACFA régionale. « De plus, à l’heure actuelle, l’ACFA n’a pas le financement pour un projet de la sorte. (…) Il faut prendre le temps de regarder cette question sur tous ses angles afin de trouver la meilleure façon d’intervenir », indique Jean Johnson.
L’ACFA ne voudrait pas, non plus, créer un précédent qui ferait en sorte qu’une autre région puisse imiter Canmore, qui fait partie de la régionale de Calgary, pour obtenir du financement. L’ACFA de Bonnyville/Cold Lake est un exemple. « Malgré tout, il faut respecter le fait que les ressources financières de la régionale de Calgary-Banff ne permettent pas un appui au comité de Canmore », avance le président de l’ACFA.
C’est pour cette raison que le bureau provincial de l’ACFA entend profiter des assemblées annuelles des régionales pour tenir une série de consultations en province. « Comment on peut développer un plan qui fera en sorte que les gens de Canmore se sentent écoutés, entendus et inclus dans la communauté franco-albertaine », questionne M. Johnson pour lancer le débat. « Ce n’est pas en créant 25 cercles francophones que l’on va mieux desservir les communautés », précise-t-il.
<< Retour
|