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Le 27 janvier 2006

Le Franco

Bénévoles et employés tissent des liens pour le bien de la communauté

Par : Étienne Alary
Editeur : Le Franco

Fort McMurray-

Pour la deuxième fois en moins de deux ans, le bureau provincial de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) tenait une rencontre de concertation avec la communauté francophone de Fort McMurray. « C’est un hasard si on revient ici. L’ACFA a lancé un appel aux communautés afin d’aller là où les besoins se font sentir. Étant donné que l’ACFA régionale de Fort McMurray compte de nouveaux employés depuis un an maintenant, la communauté était intéressée à nous accueillir de nouveau », de lancer le directeur de la planification et des relations gouvernementales à l’ACFA, Denis Perreaux.

Ce dernier est sorti emballé de la rencontre qui a réuni tout près d’une quarantaine de personnes, le 18 janvier dernier à l’école Boréal de Fort McMurray. « On est vraiment dans le vrai jus d’une concertation. Nous avons réussi à regrouper autour d’une même table des connaissants, soit les employés d’organismes, qui échangent avec les savants, les gens de la communauté, ceux qui sont sur le terrain et qui vivent cette réalité au quotidien », explique-t-il.

Sans vouloir comparer cet exercice de concertation avec celui organisé à Calgary en novembre dernier, Denis Perreaux concède toutefois que la session de Calgary avait réuni essentiellement des employés – ceux des organismes provinciaux et ceux de la communauté – alors que la concertation de Fort McMurray a réuni plusieurs bénévoles de la communauté. « Nous avons retrouvé des gens de la base autour de la table. Dans le dossier de la petite enfance par exemple, on a réuni des gens des organismes provinciaux qui parlent avec des parents, indique Denis Perreaux. Pour les bénévoles, il peut arriver que les choses bloquent. Il est donc possible, par cette concertation, à la communauté d’aborder ce dossier de façon tangible par la présence des employés impliqués. »

Du côté de l’ACFA, régionale de Wood Buffalo, les résultats de cette rencontre sont encourageants. « Des personnes que je ne m’attendais pas de voir à cette rencontre sont venues. Des gens qui sont nouvellement de retour à l’ACFA », avance l’agente de développement, Valérie Lizotte.

Plusieurs dossiers auront retenu l’attention au cours de cette soirée, dont celui de la petite enfance. La communauté a exprimé le souhait, à court terme, d’ouvrir une garderie francophone avant et après les heures de classe. Selon Valérie Lizotte, la présence d’organismes provinciaux à Fort McMurray aura permis d’ajouter du poids au travail qui se fait déjà. « Le dossier de la petite enfance n’est pas nouveau. Cela fait quelques mois déjà qu’on travaille à un projet de garderies, mais suite à cette rencontre, le dossier va certainement progresser », mentionne-t-elle.

« On veut mettre sur pied une garderie, mais on ne sait pas si cela va être rentable. Si ce ne l’est pas à Edmonton et à Calgary, le défi d’en ouvrir une ici devient encore plus grand », soutient Sandra Boudreault.

Outre la petite enfance, le domaine de la santé est un incontournable avec la pénurie de main-d’œuvre. « Nous avons du travail de sensibilisation à faire du côté des autorités régionales, mais aussi, nous avons de la sensibilisation à faire du côté des communautés francophones. Les francophones doivent faire part du besoin. Si on ne fait jamais de demande, on n’aura jamais une offre de services », informe Corinne Arabeyre, du Réseau de santé albertain.

En sport, des pas « dans la bonne direction » ont été effectué dans le dossier des Jeux francophones de l’Alberta, croit le directeur général de la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) Mathieu Bégin. « En sport, il faut avoir plus de liens avec les écoles d’immersion », avance Mike Thériault, enseignant à l’école Boréal. « Du côté des Jeux francophones, nous pensons que nous devrions être jumelés à la zone de Plamondon. Notre zone est tellement petite », précise M. Thériaul.

L’accueil et l’intégration a également retenu l’attention. « C’est un dossier dont l’ampleur ne m’étonne pas. Il y a tellement de nouveau arrivants ici à Fort McMurray, c’était un incontournable », indique Valérie Lizotte. « De ce côté, je pense que nous devrions faire la promotion de vivre en Alberta plutôt que de travailler en Alberta. Travailler est un terme que je trouve péjoratif », affirme Raymond Gauthier.

Les secteurs des arts et de la culture, des communications et de l’économie ont également été abordés.

Rencontrer la majorité
Cette rencontre avec la communauté francophone de Fort McMurray a été précédée par une rencontre avec près d’une dizaine d’intervenants locaux d’organismes et d’agences de la majorité. « Nous voulions voir comment nous pouvions ensemble mieux desservir les francophones de Fort McMurray », énonce Denis Perreaux.

« Les gens ont démontré un intérêt, une ouverture d’esprit. Ils sont prêts à travailler avec nous », d’enchaîner Valérie Lizotte.

La mairesse de Fort McMurray, Melissa Blake, était présente à une partie de la session. « Fort McMurray regroupe diverses communautés et il est essentiel de préserver la culture et le dynamise de la communauté francophone », a-t-elle déclaré. « Je comprends les défis auxquels vous êtes confrontés », d’ajouter Mme Blake en réitérant son appui à collaborer pour le développement de la communauté francophone de Fort McMurray.



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