Le 7 février 2006
Le Franco
Herménégilde Chiasson livre son plaidoyer de la francophonie
Par : Étienne Alary
Editeur : Le Franco
Edmonton - Le lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, Herménégilde Chiasson, était de passage en Alberta, les 25 et 26 janvier derniers. M. Chiasson a été le conférencier invité du Centre d’études canadiennes du Campus Saint-Jean, dans le cadre des conférences Louis Desrochers, en plus de participer, le lendemain, à un séminaire.
Plus de 75 personnes se sont présentées à cette conférence qui s’est déroulée sous le thème « Zen et l’art d’être francophone ».
Nommé lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick en 2003, Herménégilde Chiasson a laissé sa marque comme artiste peintre, écrivain-dramaturge et cinéaste. Ayant décidé d’axer sa conférence sur les 26 lettres de l’alphabet, il n’a pas été surprenant de voir M. Chiasson amorcer cette conférence avec le mot « art ». « L’art d’être francophone, provient d’une façon de vivre; une volonté de prolongement », déclare M. Chiasson.
Herménégilde Chiasson s’est également attardé au « bilinguisme » et à la « culture ». « La culture, c’est ce qui nous définit le plus », souligne M. Chiasson en rappelant que cette culture doit se vivre, se célébrer et évoluer. « Le fait que l’Acadie se tourne vers le passé plutôt que de regarder vers l’avenir constitue pour moi une énigme sur laquelle je réfléchis toujours », a-t-il lancé.
Pour Herménégilde Chiasson, il existe trois verbes fondamentaux : avoir, être et faire. « Faire se veut un passage d’être à avoir. Être francophone, ce n’est pas seulement parler une langue, c’est une histoire, un bagage. Faire signifie une action qui définit l’espace qui revient à une langue », explique M. Chiasson en ajoutant « qui perd sa langue, perd sa culture ».
Le Québec
Le lieutenant-gouvernement du Nouveau-Brunswick ne pouvait pas faire sa conférence sans parler du Québec. « Le concept de la francophonie était, à une époque, avoir le français comme langue maternelle », lance M. Chiasson. « Nous étions tous des Canadiens-français. Puis, il y a eu le Québec qui est devenu le Québec et nous, qui avons été définis alors comme des francophones hors Québec », énonce M. Chiasson
Herménégilde Chiasson aimerait voir le retour du balancier afin que tous soient de nouveau caractérisés comme Canadiens-français. « Ce malaise qui nous éloigne et nous rattache avec le Québec n’est pas nouveau. Le million de francophones que nous sommes (ceux hors Québec) ont appris à ne compter que sur eux-mêmes », indique-t-il. « À défaut d’avoir un pays, je dirais que l’on habite désormais une langue », affirme M. Chiasson.
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