La présente campagne électorale tire – finalement diront certains – à sa fin. Encore quelques jours et la population canadienne saura qui formera l’opposition officielle.
En effet, rien ne semble indiquer que le gouvernement conservateur sera évincé du pouvoir. Tout ce qui attend Stephen Harper est de savoir s’il formera un gouvernement minoritaire ou s’il obtiendra la majorité.
D’une semaine à l’autre, et tout dépendant de la firme, les sondages semblent se contredire sur cette question. Une journée les conservateurs approchent de la barre nécessaire d’appuis pour obtenir cette majorité, soit 40 %, la suivante, il retombe à environ 35 %.
C’est justement autour de ces 35 % que se situait le Parti conservateur à la suite d’un coup de sonde mené par la firme Angus Reid à la suite des deux débats tenus à la mi-avril. Devant cette baisse de popularité, les médias ont commencé à questionner M. Harper à savoir s’il entendait rester premier ministre s’il n’obtenait pas la majorité.
Ce dernier refuse de répondre, mais même s’il souhaite rester, c’est peut-être les membres du parti qui lui montreront la porte, puisqu’un gouvernement minoritaire devrait être considéré comme un échec sur toute la ligne pour les conservateurs. Cela se traduirait par une incapacité du chef actuel à aller chercher l’appui nécessaire pour former un gouvernement majoritaire.
D’ici le 2 mai, jour du scrutin, c’est plutôt la lutte entre le chef libéral Michael Ignatieff et celui du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jack Layton, qui fascinent. Les libéraux rêvaient d’enlever le pouvoir aux conservateurs et n’ont peut-être pas venus venir les néo-démocrates dans leur rétroviseur. Ces derniers seraient nez à nez avec les libéraux, obtenant chacun 25 % des voix. Pas étonnant que les libéraux ne ciblent plus uniquement les conservateurs dans leurs attaques.
À 26 % d’appui, c’est au Québec où la montée du NPD est la plus surprenante, étant pour le moment deuxième dans les intentions de vote derrière le Bloc québécois. Les troupes de « Smiling Jack » détiennent une forte avance de sept points sur les libéraux et de 11 sur les conservateurs. Il faudra cependant attendre au 2 mai pour voir si cet appui se traduira par des votes et par la présence de plus d’un député à la Chambre des communes. Dans l’isoloir, le jour du vote, la donne peut changer…
Advenant que le NPD réussisse l’impossible et devienne l’opposition officielle d’un gouvernement minoritaire conservateur, il serait alors surprenant que Stephen Harper soit le seul à perdre son emploi à Ottawa. Michael Ignatieff n’aurait d’autre choix que de se retirer comme chef du Parti libéral du Canada.
Même si rien n’est encore joué dans cette campagne terne, il sera difficile de renverser la vapeur avec à peine une dizaine de jours avant le jour du vote, surtout lorsque cette période sera entrecoupée d’un long week-end de Pâques qui permettra aux Canadiens de passer du temps en famille et de parler de tout et de rien, et peut-être de politique…
Encore le pont Champlain!
Pourquoi devrait-on éviter de parler de politique? La question devrait plutôt être pourquoi devrions-nous parler de politique fédérale quant les chefs des quatre principaux partis évitent de parler des enjeux de la francophonie canadienne? Ah oui, cela n’est pas de leur faute. Ce sont les membres du consortium médiatique qui n’a pas cru bon de retenir une question touchant la réalité de 2,5 millions de Canadiens.
Pendant plusieurs années, les francophones vivant en milieu minoritaire se sont plaints que Radio-Canada ne les représentait pas adéquatement. Plusieurs étaient d’ailleurs tannés d’entendre, sur une base quotidienne, l’état de la circulation sur le pont Champlain Montréal.
Voilà que ce pont revient les hanter! Certes, il en est de moins en moins question à la radio, mais il faut croire qu’il est assez important pour les médias supposés représenter l’ensemble de la population canadienne. Même si Radio-Canada et TVA détiennent une licence de télédiffusion à l’échelle du pays, ils ont préféré se servir du pont Champlain pour perdre une dizaine minute de temps de tous les Canadiens, sauf les Montréalais, pendant le débat des chefs.
Il aurait été si simple de parler de financement d’infrastructures dans un intérêt général (nouveau colisée à Québec, nouvel aréna à Edmonton, stade en Saskatchewan, en Ontario et dans les Maritimes). Et il aurait été si simple d’avoir un Acadien, un Fransaskois ou un Franco-Albertain poser une question… Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliquer?
Editeur : Le Franco
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Actualité
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Éditorial
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Sprint final et pont Champlain!
La présente campagne électorale tire – finalement diront certains – à sa fin. Encore quelques jours et la population canadienne saura qui formera l’opposition officielle.
En effet, rien ne semble indiquer que le gouvernement conservateur sera évincé du pouvoir. Tout ce qui attend Stephen Harper est de savoir s’il formera un gouvernement minoritaire ou s’il obtiendra la majorité.
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