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Le 2 mai 2004


« L’Océan n’est pas une poubelle »

Par : Sandrine Griffon
Editeur : Le Franco

Edmonton- Au commencement, des vertébrés sont sortis de l’eau, puis se sont mis debout en regardant les étoiles avec le désir d’y aller un jour. Quelques millénaires plus tard, les êtres humains semblent avoir oublié d’où ils viennent, polluant les eaux de la planète avec les industries qui les font aussi (sur)vivre… jusqu’à l’exploration d’autres galaxies… Mais les êtres humains sont également de « merveilleux animaux », qui ont encore la capacité de se montrer sensibles à la beauté de la Nature, et de tenter de les préserver, si on leur en donne la chance…

Il est de ces noms qui sont peut-être difficiles à porter, mais qui assurent sans doute une certaine notoriété, un poids certain lorsqu’il s’agit de faire passer un message : Cousteau, nom de famille passé à la légende, celui du Commandant, mais aussi de son fils, Jean-Michel, qui raconte à qui veut bien l’entendre la brève histoire du monde susmentionnée. Reprenant le flambeau de son père, Jean-Michel Cousteau a fondé en 1999 l’Ocean Future Society, agence internationale de protection de la « planète bleue ». L’homme est à la fois explorateur, environnementaliste, éducateur, producteur de documentaires et architecte (un rêve de jeunesse : construire une cité sous-marine).

De passage à Edmonton, le 19 avril dernier - grâce au programme « grands esprits » de l’Odyssium, le musée de l’espace et des sciences de la capitale, Jean-Michel Cousteau portait une cravate rouge parsemée de poissons jaunes, verts et bleus. C’est également pour donner quatre conférences avant la présentation du film Coral Reef Adventure que M. Cousteau s’était déplacé en Alberta. En tout, environ deux heures à chaque fois pour livrer un même message, d’abord au grand public, puis ensuite à 550 écoliers. Le fait qu’un personnage si célèbre de par le monde vienne leur parler en a certainement impressionné plus d’un, de même que le film qui, aux dires de tous, est « spectaculaire » en format IMAX.

Et Jean-Michel Cousteau fait le tour du monde, de présentation en présentation, pour inculquer une « conscience écologique » à chacun, du moins pour faire prendre conscience à ses auditeurs de l’ampleur de la question. « Tous les déchets finissent dans l’Océan », explique en effet l’environnementaliste – tout ce qui est négligemmant jeté par terre, avec les eaux de pluie ou à travers les égoûts. Une anecdote pour appuyer le propos : lors d’une mission dans une île du Pacifique, lui et son équipe ont recensé des déchets en provenance de 52 pays.

Selon M. Cousteau, les océans sont donc en péril, ce qui a une influence directe sur la qualité de vie humaine, qui va de paire, elle, avec la qualité des eaux, autant marines que douces (lacs et rivières). Partout, des espèces ont déjà disparu ou sont gravement menacées, les « petits métiers traditionnels » reliés à la pêche périclitent eux aussi.

En l’occurrence, c’est le cas des coraux qui a été décliné, eux qui sont classés par les scientifiques dans la catégorie des animaux et souvent comparés à « une forêt amazonienne sous-marine ». Leurs colonies, ou plusieurs espèces de poissons et d’algues vivent en symbiose, sont parfois décrites comme autant de « cités » sous les eaux. Les coraux sont extrêmement sensibles aux changements de températures (et donc au réchauffement de la planète), à la pollution et aux conséquence de la pêche industrielle. Ces récifs auraient, en outre, des propriétés médicinales, qui sont encore à l’étude, s’avèrent importants pour les économies locales et constituent une protection naturelle contre les ouragans (pour en savoir plus sur le film Coral Reef Adventure, sur les récif coralliens et la manière de les préserver : www.coralfilm.com)

Aux yeux de M. Cousteau, tout le monde peut lutter contre les phénomènes de surconsommation et de gaspillage endémique aux sociétés occidentales. Même si le problème est global et comporte des dimensions autant économiques que sociales, il est du devoir de chacun de se montrer « engagé et responsable », comme il espère que les générations futures le seront. C’est sans doute pourquoi il préfère travailler en priorité avec les enfants, qui sont extrêmement réceptifs et capables, spontanément, de s’émerveiller devant les merveilles de la Nature.

Enfin, dernière caractéristique, Jean-Michel Cousteau refuse toujours de répondre à la question « combien de temps avant que la situation soit irréversible ? » Désirant plutôt rester optimiste et « travailler ensemble pour que tout le monde gagne », il s’agit simplement d’« arrêter le cycle » de ce que l’on a fait sans conscience « pendant cinq ou six générations ».



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