Le 3 mars 2006
Le Franco
S’outiller pour mijoter des idées et développer des projets
Par : Étienne Alary
Editeur : Le Franco
Edmonton - Près d’une quarantaine de personnes ont assisté à une rencontre-formation en santé organisée par le Réseau santé albertain (RSA), les 24 et 25 février derniers à Edmonton. « Pour l’année 2006-2007, nous nous sommes donné l’objectif de mobiliser la communauté franco-albertaine dans le domaine de la promotion de la santé. Cette rencontre visait donc à partager certaines informations sur les déterminants de la santé et à sensibiliser les participants aux possibilités de s’impliquer dans la promotion de la santé, tout en s’appuyant sur l’idéologie d’une approche de groupe plutôt que d’une approche individuelle », a expliqué le directeur général du RSA au terme de cette rencontre de deux jours.
Ce dernier était heureux d’obtenir une bonne réponse. « Il y a deux semaines, on avait que 16 personnes d’inscrites. Au-delà du nombre de participants, c’est la provenance de ceux-ci qui est importante. Il y en avait de Bonnyivlle, Rivière-la-Paix, Plamondon, du domaine scolaire, de la petite enfance, des représentants de la Fédération des aînés franco-albertains. Il y avait une belle diversité », note Luc Therrien.
Cette session aura permis aux personnes réunies d’entendre des intervenants de l’extérieur de l’Alberta partager leur expérience. Nathalie Boivin, du Nouveau-Brunswick, a notamment présenté un réseau qu’elle a mis sur pied, soit le réseau provincial francophone d’écoles en santé. « J’avais déjà entendu sa présentation sur son projet École en santé et ce qui m’avait frappé, c’était de voir que les élèves de la 6e à la 8e année étaient invités à se prendre en charge », présente Luc Therrien.
Outre Mme Boivin, le RSA a également accueilli Denise Lavallée de Rouyn-Noranda qui a discuté du Réseau québécois des villes et villages en santé ainsi qu’Adrienne Sawchuk de la Fédération des aînés fransaskois a partagé sur le projet « Enfants, aînés : le cœur d’une communauté en santé ».
« Avec ces présentations, on espère avoir suscité certaines idées chez les participants », avance Luc Therrien. Il ajoute que cette rencontre était essentielle. « On pensait que l’on parlerait plus d’idée, mais on s’en est tenu à des besoins plutôt qu’à des projets. C’est un peu normal. Il s’agissait d’une première rencontre. Maintenant, c’est aux participants à retourner chez eux et d’en parler ».
Le directeur général du RSA est catégorique : les régions ne seront pas laissées à elles-mêmes. « On veut être le moteur, le facilitateur, mais on ne veut pas tout fait. On va aller en région, s’asseoir avec les différents intervenants et on va les accompagner dans la rédaction de projets et dans la mise en œuvre de ceux-ci », lance-t-il.
Préparer le terrain
Cet appui s’appuiera sur les résultats préliminaires du projet « Préparer le terrain » qui ont été présentés le 25 février. Ce questionnaire, développé dans le but de connaître les besoins de la population franco-albertaine, a été distribué au cours des derniers mois. Près de 650 personnes, en plus de 33 organismes communautaires, se sont prêtées à l’exercice.
Ces résultats préliminaires font ressortir deux constats : améliorer l’accès aux services cliniques et développer les services en matière de prévention et promotion de la santé « Ce qui est intéressant avec ces résultats, c’est qu’au niveau communautaire, la grande demande n’est pas d’avoir plus de services cliniques, la préoccupation première se situe au niveau de la santé de la communauté. Les communautés sont intéressées à se prendre en main en matière de santé », énonce Luc Therrien.
Il va de soi que tout le côté des services cliniques ne peut être écarté. « C’est une préoccupation. On ne peut pas le nier. On ne veut pas l’ignorer et on ne veut surtout pas l’oublier, mais pour avoir un certain succès, il faut penser à plus long terme », indique le directeur général du RSA.
Pour y arriver, il faut commencer au bas de l’échelle, croit Luc Therrien. « Lorsqu’on se présente aux autorités régionales, notre défi est énorme. On est relativement nouveau et on a peu de crédibilité auprès des autorités. On veut obtenir leur appui, mais on est incapable d’apporter des solutions. Dans cette optique, on aurait peut-être avantage à commencer par une approche communautaire. S’engager dans une initiative pour promouvoir la santé, avec ou sans les autorités régionales, et ainsi se développer une certaine expertise en mettant sur pied des projets et les réussir », souligne M. Therrien.
Une première idée pourrait bien être la création d’un lexique de terminologie pour le public. « C’est un exemple qui a été avancé lors de la rencontre. C’est très créatif comme identification de besoin. Ce lexique, qui comprendrait le mot en français, en anglais et une définition en français pourrait être livré sous format écrit et aussi sous forme visuelle ou auditive pour les analphabètes », présente le directeur général du RSA.
Au cours des prochaines semaines, le Réseau santé albertain s’efforcera de travailler avec les régions pour mettre en œuvre quelques actions qui ressortent des résultats préliminaires du projet « Préparer le terrain », comme favoriser la participation et l’engagement communautaire, bâtir la capacité communautaire, développer de nouveaux partenariats, faciliter le partage d'information, encourager les mesures de préventions (ex.: vaccination) et former des groupes d'entraides pour les maladies chroniques.
Le RSA entend aussi former un comité consultatif provincial. « Les gens ont exprimé un besoin de partager sur une base régulière. Ce comité serait un point de départ », affirme Luc Therrien
Il confirme la possibilité de tenir une autre session similaire d’ici l’automne prochain.
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