Le Gaboteur

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Le 12 septembre 2011

Septembre est là, prends garde à toi !

Par olivier hemard
dg@gaboteur.ca

Septembre est là, prends garde à toi !

Ça y est, nous y sommes… nous voici déjà en septembre ! Septembre… Le mois de la rentrée des classes, de la reprise du travail, du retour au train-train quotidien… « Métro, boulot, dodo », comme disent les Français. Les enfants vont une nouvelle fois troquer leurs sacs de plage contre leurs perpétuels cartables de rentrée à l’effigie du dernier « super héros » du moment ; les parents, de leur côté, vont régler leurs réveille-matin sur des heures indécentes, et ressortir de leurs placards les vêtements catalogués « pour le travail ». Bref, si l’on ajoute à tout cela les guerres, la crise économique mondiale, la luminosité qui se met en veilleuse et l’arrivée de l’hiver, on finit par se demander s’il ne vaudrait pas mieux suivre l’exemple des ours : s’en aller hiberner quelque part dans un endroit tranquille jusqu’au mois d’avril.

Tel que je viens de le dépeindre, le tableau des jours qui s’annoncent peut vous sembler bien noir. Et, hélas ! les chiffres sont là pour le confirmer : à l’approche du mois de septembre, 18 %[1] des Canadiens sombreraient dans une « déprime hivernale », cette fameuse dépression saisonnière qui se manifeste par un manque d’énergie et un moral fragilisé. Si je me fie à cette étude, je dois donc m’attendre à ce que, dans mon entourage, une personne sur cinq (et moi aussi, peut-être) subisse un gros coup de « blues » dans les jours qui viennent. Mais est-ce une fatalité ?

Personnellement, je suis de ceux qui adorent la période automnale. Certes, j’imagine les commentaires outrés de certains d’entre vous à la lecture de ce propos. Je vais donc profiter de l’espace que m’offre l’éditorial du Gaboteur pour essayer de vous convaincre que le mois de septembre peut être une période de joie, de paix et de sérénité, bien éloignée de l’image de  « déprime hivernale » que lui appliquent spécialistes et chercheurs.

 « C’est la fin des beaux jours… » Tel est l’argument principal que la plupart avancent, dans un soupir morose, pour expliquer ce mal-être automnal. Mais je suis plutôt à l’aise pour réfuter ce point de vue : quels beaux jours ? En effet, si j’en crois ce que m’en disent les « anciens » dans les nombreuses conversations que j’ai eues avec eux à ce sujet,  la province de Terre-Neuve-et-Labrador a connu cette année le pire été depuis plus de dix ans. On m’a même précisé que pour les deux derniers mois, l’île n’a bénéficié que de dix jours de temps vraiment ensoleillé (un chiffre qui me fait faire encore des cauchemars !) Alors ceux qui disent souffrir de « la fin des beaux jours » se mentent un peu à eux-mêmes, car dans notre belle province, lumière et chaleur estivales sont manifestement bien plus une vue de l’esprit qu’une réalité.

J’aimerais aussi m’inscrire en faux quant à la « négative attitude » qui s’emparerait de chacun de nous à l’approche de l’hiver. Nous avons certes tendance à parler de la rentrée comme de « la fin » de quelque chose : la fin des vacances, la fin des barbecues, la fin des promenades, voire même la fin des apéros (habitude typiquement francophone). Mais pourquoi ne pas prendre le contre-pied de ce raisonnement et se dire que finalement, cette période de la rentrée est le début de plein de choses réjouissantes ? Ainsi, en prenant la vie du bon côté (la positive attitude), on ne parlera plus de « la fin » des vacances, mais du « début » du championnat de hockey ; on ne soupirera plus « c’est la fin des barbecues », mais on saluera avec joie « le début » de la saison des tartiflettes ; et on ne déprimera plus sur « la fin » des crèmes glacée, au contraire : vive « le début » des crumbles aux pommes et bleuets !

N’étant ni médecin ni pharmacien, et encore moins psychologue, je n’ai pas la prétention, avec mon petit édito, d’apporter un remède aux 18% de Terre-Neuviens qui, selon les statistiques, souffrent ces temps-ci d’une légère dépression. Néanmoins, j’aimerais quand même leur offrir une petite citation d’un poète malheureusement resté anonyme – mais qui, j’en suis sûr, a plusieurs fois posé le pied sur le sol de l’île de Terre-Neuve-et-Labrador – : « La vie est comme un arc-en-ciel : il faut de la pluie et du soleil pour en voir la beauté et les couleurs. »  A bon entendeur, je vous souhaite une très bonne lecture…

 

 

[1]. Kasper S, Wehr TA, et al. Epidemiological findings of seasonal changes in mood and behavior. A telephone survey of Montgomery County, Maryland. Arch Gen Psychiatry. 1989 Sep;46(9):823-33.

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