Le 20 septembre 2006
Le Moniteur Acadien
Le 20e Festival francophone, un véritable délice!
Tous les arts tels la danse, l’architecture, la musique, l’éloquence, la littérature, la sculpture, la peinture sont les fruits de l’esprit humain et de l’imaginaire. En plus de ceux-là, il y en a un autre, l’art cinématographique, bien que plus récent, mais aussi important qu’expression artistique.
Dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, depuis 1987, les cinéphiles ont l’occasion de savourer cet art grâce à la tenue du Festival International du Cinéma Francophone en Acadie. Si l’on peut dire avec justesse que le cinéma est le 7e art, on n’exagérait nullement en déclarant que l’organisation même de cette rencontre culturelle est en soi un autre art ! Quelle somme de travail les responsables ont dû consacrer à la programmation et au choix de films, à la publicité, aux invitations, à la recherche d’appui financier et de bénévoles.
Le film d’ouverture, un documentaire sur l’œuvre poétique de Gérald LeBlanc, L’extrême frontière, a été hautement apprécié par les 700 spectateurs et spectatrices venus au Capitol de Moncton. On doit au cinéaste Rodrigue Jean des éloges fort mérités. Le séjour terrestre de ce poète n’a pas été facile. À peine rencontrait-il ses besoins primaires et c’est souvent le lot des grands artistes de vivre pauvrement leur existence ici-bas et devenir plus fortunés après leur départ.
Réalisé par un autre cinéaste acadien, Rodolphe Caron, le second grand documentaire se veut également un hommage, cette fois, en présence même du célèbre cinéaste, producteur et poète qu’est Léonard Forest. Par ce film, on découvre l’humilité, la dignité, l’engagement, la délicatesse et l’énorme travail de ce pionnier ayant consacré plus de 50 ans à cet art. Monsieur Forest a donné la voix aux petites gens des différents coins de l’Acadie en faisant découvrir l’âme de notre peuple qu’il aime beaucoup. Aujourd’hui, on lui rend un hommage. Pour les cinéphiles qui ne connaissent pas ou peu son œuvre, ils peuvent se procurer une collection d’au moins dix de ses films dans un coffret ou encore acheter et lire ses nombreux livres.
Un troisième film acadien qui a touché beaucoup de gens c’est Le Matois ou l’effet Laurie Henri, réalisé par Paul Arseneau. On y rencontre un personnage réel, attachant, mais trop peu connu en Acadie. Il a malgré tout profondément marqué notre théâtre. Une autre perle de notre histoire.
Alcide F. LeBlanc
Editeur : Le Moniteur Acadien
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