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Le 11 octobre 2006

Le Moniteur Acadien

Avec Harper, l’alphabétisme prend une claque !

Au Canada, comme au Nouveau-Brunswick d’ailleurs, trop de personnes éprouvent des difficultés à comprendre ce qu’elles lisent. Ce simple fait limite leurs emplois, les empêche de jouer convenablement leur rôle de citoyens et les condamne souvent à la pauvreté et à la misère.
Il y a plus encore. Connaissant de sérieux troubles en lecture à l’école, les enfants ont moins confiance en eux-mêmes et sont davantage enclins à quitter leurs études avant l’obtention d’un diplôme. D’autres illettrés à venir.
Lors d’enquêtes, nous découvrons que les jeunes adultes ayant des dossiers criminels ou d’abus de drogues ont souvent eu des difficultés en lecture qu’ils n’ont pas surmontées.
En d’autres mots, avec l’analphabétisme, la société connaît plus de chômage, plus de malades, plus de gens vivant en solitude sociale, plus de prisons remplies, moins de productivité.
En ce domaine, les experts décrivent distinctement cinq groupes. Au niveau 1, (plus du tiers - 36 % - de la population francophone de notre province s’y trouve), un lecteur devant un simple texte d’information réussit à lire et à comprendre un mot ici et là. Au niveau 2, le lecteur confronté à lire un long paragraphe qu’il n’a pas encore lu veut l’éviter à tout prix, se décourage avant même de commencer et prétend qu’il peut le lire, mais ne le peut pas facilement. 32 % des nôtres. Donc, les niveaux 1 et 2 représentent 68%.
Les gens au niveau 3 lisent avec une certaine aisance, mais quand arrive un jargon technique, ils sont souvent perdus. Un sur cinq francophones. Aux niveaux 4 et 5, les personnes comprennent presque toute lecture, même la plus complexe. Onze pour cent. Le Nouveau-Brunswick compte dans la population active un citoyen sur dix détenteur d’un degré universitaire. Ce n’est pas énorme.
Les toutes récentes coupures dans le programme national de l’alphabétisme nous montre l’insensibilité profonde du gouvernement Harper et ses vraies couleurs. La guerre au terrorisme et la présence active de nos soldats en Afghanistan vont nous coûter cher. Il faut donc réduire les dépenses humaines. Notre pays a maintenant son George W. Bush canadien !
Entre temps, il faut admirer, encourager, remercier et soutenir toutes les personnes qui oeuvrent en alphabétisme de même que les apprenants qui veulent s’en sortir. Notre avenir collectif en dépend.
À bien y penser, pouvons-nous sortir de l’école alphabétisé et devenir analphabète? Bien sûr. Le malade qui demeure trop longtemps au lit peut à peine marcher quand il se lève. Il en est de même avec le lecteur qui cesse de lire !
Alcide F. LeBlanc


Editeur : Le Moniteur Acadien

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