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Le 25 octobre 2006

Le Moniteur Acadien

Chanceux d’avoir élu un gouvernement minoritaire

Plût au ciel que l’électorat canadien n’ait pas élu, en janvier 2006, un gouver-nement conservateur majoritaire national.
Depuis que Stephen est à la direction du pays, on sent un gouvernement qui se fiche des femmes, de la justice des minorités, des conditions climatiques, de l’alphabétisme et des jeunes.
N’oublions pas que notre 22e premier ministre canadien est l’un des fondateurs du parti réformiste. Quand il a été élu pour la première fois, en 1993, pour représenter la circonscription de Calgary, il n’a pas perdu trop de temps pour se débarrasser de Stockwell Day alors chef des réformistes, un parti régional de l’ouest. Puis, l’année suivante, en 2003, il réussit à convaincre le parti progressiste-convervateur dirigé par Peter McKay de s’unir avec ses troupes pour former un parti pan canadien de la droite et remporter, en 2006, les élections générales.
Dès ses premiers jours au pouvoir, il s’est presque comporté à la manière d’un chef d’un état présidentiel. À la sortie des réunions du Cabinet, il est le seul à répondre aux questions des journalistes. Les ministres doivent se taire !
Son gouvernement a hérité une belle fortune des libéraux : un joli magot de plus de 10 milliards de dollars. Malgré ce fait, il décide de trancher au moins deux milliards de dollars, et notamment dans plusieurs programmes
sociaux ayant fait leur preuve. D’un clin d’œil, il élimine le programme de contestation judiciaire qui a permis aux minorités linguistiques de faire valoir leurs droits quand les provinces ne les respectent pas.
Son gouvernement vient tout juste de déposer son projet sur la qualité de l’air sans tenir compte de nos engagements antérieurs internationaux pris à l’endroit du protocole de Kyoto.
Il a coupé plusieurs millions dans le programme d’alphabétisation, même si notre pays compte des millions de gens ne sachant ni lire, ni écrire, ni calculer. Pour la
condition féminine, pour le bénévolat, pour les stages internationaux dont profitent des centaines de nos jeunes, il a sabré là aussi.
De plus, il devait régler en peu de temps le déséquilibre fiscal, mais rien ne bouge. De toutes parts, les conflits surgissent. Le premier ministre de Terre-Neuve, pourtant conservateur, est en guerre ouverte contre lui.
Que nous arrivent au plus tôt les élections fédérales, dès ce printemps, avant que le gouvernement Harper ne fasse trop de dommages irréparables !

Alcide F. LeBlanc


Editeur : Le Moniteur Acadien

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