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Le 1 novembre 2006

Le Moniteur Acadien

Comment comprendre la pauvreté? (première partie)

Grâce au premier Sommet sur la pauvreté tenu en fin de semaine dernière, la population, les politiciens, les pauvres et les participants ont mieux compris les causes de la pauvreté.
Les témoignages courageux prononcés par les experts, les vrais, ressemblaient un peu aux cris désespérés que scandaient les affamés de Paris à la veille de la Révolution française, en 1789. «Du pain ! Du pain !». Ils l’ont obtenu mais pas le roi Louis XVI ni la reine Marie-Antoinette !
Tout le crédit de cette merveilleuse rencontre doit être dirigé au Front commun pour la justice sociale, à l’Association des Travailleurs et des Travailleuses du Nouveau-Brunswick, aux membres du Comité des 12 ainsi qu’à tous les autres organismes s’intéressant au mieux-être des plus démunis de la société.
Comme la maladie, comme un virus sournois, la pauvreté et la misère peuvent s’infiltrer graduellement chez nous, n’importe quand, n’importe où, n’importe comment. Riche aujourd’hui, pauvre demain. Un témoignage l’a confirmé ! La classe moyenne commence à le réaliser.
Regardons quelques faits. Au Nouveau-Brunswick, on estime qu’à chaque mois, au moins 7% des ménages, soit près de 20 000 familles, doivent recourir à des institutions charitables comme les comptoirs alimentaires. Ce simple fait devrait tous nous interpeller et nous indigner profondément.
Quand une personne reçoit 6,70 dollars pour chaque heure de travail, comment fait-elle pour survivre et vivre décemment ? C’est pourtant le cas de milliers de travailleurs et de travailleuses chez nous.
Quand une personne est sans emploi et sans revenu, vivant seule mais jugée apte au travail, elle peut s’attendre à recevoir chaque mois la jolie somme de 276 dollars. Vraiment, les chiens et les chats sont mieux traités ! Comment fait-elle pour se nourrir, se chauffer, se vêtir et ensuite se trouver un emploi? Disons-le. Il n’y a pas de travail pour tous, d’où l’exode des nôtres.
Le travailleur saisonnier réussissant à profiter du régime d’assurance emploi n’est pas dans une meilleure situation. Il reçoit une infirme partie du salaire qu’il touchait. Remercions le bon Doug Young! Pourtant, le chômeur doit continuer à payer le même prix pour la nourriture, le logement, le chauffage, électricité, réparations, médicaments et loisirs.

Alcide F. LeBlanc
[email protected]


Editeur : Le Moniteur Acadien

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