Le Moniteur Acadien



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Le 13 décembre 2006

Le Moniteur Acadien

Toujours fidèle à lui-même, ce monsieur Pichette !

Avec la toute récente polémique soulevée par «Le pays appelé l’Acadie» de Robert Pichette, plusieurs leaders acadiens se sentent outrés de la façon dont l’auteur les traite. Les Gilbert Finn, Martin Légère, Claude LeBouthillier et d’autres de l’Acadie ont travaillé avec acharnement à la cause du peuple acadien et ne méritent pas les flèches lancées.
Nous avons lu ce livre avec grand intérêt. Très bien documenté et bien écrit. Il nous porte à réfléchir. On ne pouvait pas s’attendre à rien d’autre étant donné un si grand intellectuel qui manie merveilleusement la langue parlée et la langue écrite avec autant de charme et d’aisance. Et qui connaît le sujet.
Cependant, ce que certaines personnes semblent reprocher à cet auteur prolifique, c’est sa mesquinerie et sa condescendance, surtout envers les personnes qu’il n’aime pas. Il était ainsi comme chroniqueur au Telegraph Journal et au Globe and Mail et comme éditorialiste à L’Acadie Nouvelle. On dirait qu’il a une tendance toute naturelle à critiquer la personne et non l’idée de la personne. En effet, les personnes qui ne partagent pas ses thèses ne goûtent pas à sa tendresse !
Lors des commémorations des quatre cents ans de l’établissement de l’Acadie, plusieurs personnes voulaient que la couronne britannique nous formule des excuses. Dans son livre, M. Pichette ne prouve-t-il pas que le peuple acadien a déjà exprimé son pardon en 1955 lors du bicentenaire de la Déportation, ce qui est bien mieux que des excuses de la reine ?
Ce débat est sain et mérite d’être poursuivi. Toutefois, il est difficile de concevoir que M. Pichette, afin de bien argumenter sa thèse, choisisse de dénigrer des personnes qui ont travaillé noblement à la cause acadienne. Ne pouvons-nous pas dire que, grâce aux actions de ces valeureux bâtisseurs, l’Acadie a été mieux connue sur la place publique, l’est et le sera pour toujours?
Le peuple acadien a grandi et peut très bien recevoir des critiques. Cependant, nous croyons qu’il y a une énorme différence entre des critiques et des propos mesquins. Les paroles passent, mais les écrits demeurent. Il se peut fort bien que l’Université aura à regretter la publication d’un tel ouvrage. L’avenir le dira.
Alcide F. LeBlanc




Editeur : Le Moniteur Acadien

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