Le 24 janvier 2007
Le Moniteur Acadien
La violence est un crime au Canada depuis 40 ans
La violence peut se définir comme étant toute parole, tout acte, tout comportement, tout regard, même tout silence qui blesse l’autre ou qui lui fait mal. Tout silence, voyons donc! En effet, quand une personne se boude contre une autre, elle commet par le fait même un acte de violence. Dans certaines familles, il n’est pas rare de constater de telles situations où, entre frères et sœurs, tout lien de communication a été rompu.
Au Nouveau-Brunswick, depuis 1974 à ce jour, nous avons enregistré une soixantaine de meurtres entre conjoints. En une seule année, en 2004, toujours dans notre province, près de 900 cas d’actes violents ont été dénoncés à la police. En moyenne, avant que la conjointe ait recours à la police, elle aura subi au moins quarante agressions verbales, émotionnelles, affectives ou physiques.
Au Canada, en une seule année, on a dénombré 74 cas d’homicides dont 62 femmes et 12 hommes. Le rapport d’homicides est cinq fois plus élevé chez la femme que chez l’homme.
Pourquoi cette violence ? La violence est l’outil privilégié du bourreau, qu’il utilise pour exercer un pouvoir sur l’autre. N’est-ce pas la formule même qu’emploient certains dirigeants politiques ? Il y a des petits George W. Bush dans toutes les sphères de l’activité humaine que ce soit au foyer, sur les terrains scolaires, dans les classes, dans les écoles, dans les bureaux ou dans tout autre lieu de travail.
Dans une famille, entre conjoints ou entre parents et enfants, les bourreaux ne se gênent pas de proférer des insultes, des injures, des propos malveillants, des actes d’intimidation ou de menace, ou encore des actes physiques, pour obtenir gain de cause. Tout cela a pour effet de diminuer chez la victime le peu de confiance personnelle et de vivre ainsi dans la terreur et l’isolement. Souvent, les victimes, conjointes ou enfants subissant ces actes de violence, s’imaginent que le bourreau le fait dans l’intérêt de la famille et qu’ils le méritent amplement. N’oublions pas un fait : la violence est un crime au pays depuis 40 ans!
Que faire alors ? Refuser toute forme de violence, la dénoncer haut et fort, alerter la police et les agences gouvernementales car le cycle de violence s’accroît sur une période donnée. En attendant trop tard pour agir, souvent il est trop tard !
Alcide F. LeBlanc
Editeur : Le Moniteur Acadien
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