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Le 31 janvier 2007

Le Moniteur Acadien

Des réactions étranges…

Le ministre de la Santé a eu le courage d’annoncer que le quatrième laboratoire cardiaque serait installé à l’Hôpital Dr-Georges-L.-Dumont. Une excellente nouvelle pour la région. À Saint-Jean, il y en a déjà trois. Il est donc tout à fait raisonnable et juste que le quatrième soit établi dans une institution francophone plutôt qu’au Moncton Hospital. Par contre, selon le ministre, cette décision relève plutôt de considérations médicales que de considérations linguistiques. Voyons donc !
Une deuxième réaction bizarre provient encore du ministre lui-même. En déclarant que ce laboratoire cardiaque sera sous une gestion conjointe, ne fallait-il pas conclure qu’il envisageait l’union des deux régies pour en faire une bilingue ? Cette déclaration ambiguë a provoqué immédiatement plus de commentaires négatifs de la part des Acadiens, que l’annonce même de la venue d’un tel laboratoire.
Des organismes bilingues sont, à toute fin pratique, des groupes où nos confrères anglophones parlent dans leur langue et nous dans la leur. Merci, nous ne voulons pas de ce genre de structure !
Une troisième réaction qui louche, c’est que l’honorable ministre Murphy songe à faire très prochainement des changements majeurs en santé, sans la moindre consultation. Cette approche ne ressemble-t-elle pas étrangement à celle que pratiquait notre ancien premier ministre McKenna ?
En plus des dires du ministre de la Santé, certains autres propos ont créé une confusion générale. Lorsque Francis McGuire, co-président du Groupe de travail sur l’autosuffisance, autrefois sous-ministre dans le gouvernement McKenna, a suggéré que, d’après lui, l’autosuffisance provinciale devrait commencer par le développement économique des centres urbains, certaines personnes ont immédiatement demandé au premier ministre que ce co-président soit congédié. N’est-ce pas là une autre réaction irréfléchie ? Ce ne fut qu’une opinion, peut-être illogique et déraisonnable, mais de grâce, s’il faut congédier une personne à chaque opinion divergente, que fait-on alors de la liberté de pensée et de parole, si chère au peuple canadien ?
Nous pouvons comprendre que la population vivant en dehors des centres urbains soit outrée et en sainte colère, mais cette idée n’est pas neuve !
Alcide F. LeBlanc


Editeur : Le Moniteur Acadien

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