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Le 22 juin 2005

Le Reflet de Prescott-Russell

Embrun a besoin d’une vision

Par : Marie Cicchini
Editeur : Le Reflet de Prescott-Russell

EMBRUN - La municipalité de Russell a pris connaissance, récemment, des atouts du village d’Embrun par le biais du programme Premières Impressions du gouvernement. Saura-t-elle les développer pour rehausser l’attrait de la communauté auprès des investisseurs et des résidents éventuels?

C’est en tout cas la grande recommandation qui émane de l’évaluation menée par le ministère des Affaires municipales et du Logement auquel la municipalité s’est prêtée à la mi mars. Il s’agit du projet pilote du programme d’échange intercommunautés, lui-même inspiré d’une initiative développée aux États-Unis, et dont l’expérience a été tentée à Casselman, voilà deux ans. Fidèle au slogan «Voir les choses sous un jour nouveau», le principe de ce projet pilote consiste à inviter un groupe de personnes de l’extérieur à venir jeter leur regard neuf sur une communauté participante afin de relever ses points forts et ses défis.

Agissant strictement à titre de coordonnateur, le conseiller aux entreprises rurales du ministère, Serge Mercier, et l’agent de dossiers clients, Yves Lavictoire, ont fait la traversée d’Embrun en voiture en compagnie de quatre autres employés de la Direction des collectivités rurales.

Leur regard s’est posé sur les entrées du village, le secteur résidentiel et le logement, les services en matière d’éducation, de santé, d’urgence et de services sociaux. Il s’est également intéressé à l’économie locale sous les angles du centre-ville, des commerces au détail, du tourisme, et des entreprises et services professionnels, commerciaux et du gouvernement. Enfin, les installations récréatives, la religion, la culture et le patrimoine, l’infrastructure publique, l’urbanisme et les renseignements glanés auprès des résidents ont été scrutés.

«Que fera maintenant la communauté? Car c’est ici que tout commence. Il faut que la communauté se prenne en main et définisse une vision de son propre développement», a recommandé Yves Lavictoire après le survol d’un rapport détaillé livré à la municipalité. Des plans de développement à court, moyen et long termes ont été fortement recommandés. «Il existe toutes sortes de programmes. Nous agirons comme personnes-ressources pour vous aider à remplir vos demandes», ont avisé les représentants.

Selon eux, l’avantage du programme est de faire ressortir les points forts et les actifs sur lesquels on peut bâtir, de déterminer les lacunes qui détournent les visiteurs et de procurer une perspective fraîche et objective.

Les lacunes
Le rapport sur Embrun est fort positif et ses points forts nombreux. Les faiblesses sont dans le collimateur ici, faute d’espace. La première difficulté, avant la visite, est de trouver des cartes d’Embrun, indique le rapport. Le cœur du village n’est pas repérable et la municipalité ne présente pas de slogan, image de marque, thème ou caractéristique qui puisse rassembler les résidents. L’enseigne d’Embrun à l’entrée ouest se perd parmi de nombreux panneaux, alors qu’ailleurs, règle générale, l’installation d’enseignes comme outils de visibilité serait de mise, notamment à la Chambre de commerce d’Embrun.

Le taux d’occupation est visiblement stable dans le secteur résidentiel, qui comprend des maisons historiques, mais peu d’espaces verts ou de parcs. Les écoles secondaires ne sont pas indiquées le long de la route, et les établissements d’enseignement postsecondaire sont inexistants. Les services de santé gagneraient à être regroupés, et l’économie locale à être renforcée grâce à un plan de développement. Les divertissements sont peu nombreux. Dans le commerce au détail, des enseignes et des décors de

vitrines haut de gamme pourraient donner du cachet et une meilleure image aux gens d’affaires. Il n’existe par ailleurs aucun centre d’aide aux entreprises, ni département de développement économique ou agence immobilière.

Le parc, la rivière, la piste cyclable, les maisons historiques et l’absence de musées sont autant d’occasions perdues, comme actifs puissants, pour mousser le tourisme. La Maison des Arts est prometteuse, mais le village ne célèbre aucun festival culturel. Sur le plan de l’urbanisme, les résidences côtoient les bâtiments commerciaux le long de la rue principale. Les jeunes souhaitent davantage d’activités.



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