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Le 24 août 2005

Le Reflet de Prescott-Russell

L’écho d’un peuple en difficulté

Par : Manon Raîche
Editeur : Le Reflet de Prescott-Russell

EMBRUN- Consternation, c’est sans doute le mot qui décrit le mieux la réaction de la grande famille de L’écho d’un peuple, à la suite de la découverte d’un déficit anticipé pour la saison 2005.

Tous, du premier au dernier, des membres du Conseil d’administration aux nombreux bénévoles, n’avaient prévu ce coup dur. La situation est simple : les spectateurs ne sont pas venus aussi nombreux. C’est en fait le tiers des spectateurs anticipés qui sont venus assister à cette grande fresque historique franco-ontarienne, a indiqué le président du conseil d’administration Alain Dagenais.

«Par exemple, des voyages organisés en autobus ont été annulés, mais le problème vient du fait qu’on ne sait pas pourquoi. Les appels de suivi n’ont pas été effectués pour savoir quel était le problème. Nous aurions pu corriger la situation. Par exemple, les Feux du casino ont eu un déficit de 700 000 dollars une année et ils ont changé leur tir en visant les corporations et c’est ça qui a sauvé les Feux qui sont maintenant très rentables. Nous voulions adopter cette stratégie l’an prochain, mais si nous avions su la situation plus tôt, nous aurions pu modifier notre approche», a indiqué Alain Dagenais. Au contraire, le directeur général, Jacques Blouin réconfortait tout le monde, y compris les médias, en disant que tout allait bien et que l’affluence du mois d’août allait rétablir la situation.

Le directeur général Jacques Blouin a donné sa démission. Il sera remplacé par intérim par Félix Saint-Denis qui est aussi directeur artistique du spectacle. Un comité de révision budgétaire a été immédiatement institué et un plan de redressement budgétaire est en cours. Dans ce plan de redressement, deux départs ont déjà été annoncés, celui du directeur des communications Richard Lebel et celui du directeur des bénévoles Mark Picard. De plus, le contrat de la costumière ne sera pas renouvellé. Le directeur des communications Richard Lebel comprend bien la situation : «Je comprends la décision vu les états financiers, mais on a une organisation très forte, on a un bon produit, et tous, nous avons appris à ne pas travailler pour nous-mêmes. Il faut que le projet demeure. C’est le seul produit comme ça au Canada, les spectateurs sont enchantés, et c’est un projet qui a beaucoup de ressources à l’intérieur et à l’extérieur », a commenté ce dernier, qui entend donner un coup de main, le temps de la transition. Il se dit tout aussi prêt à revenir dès que les temps seront meilleurs. Il est certain tout comme Mark Picard qu’il s’agit d’une étape difficile à traverser, mais qu’elle sera surmontée.

Pour Mark Picard, la réponse est immédiate : «On lâche pas nous autres. Je suis là jusqu’à la fin. J’étais payé pour 37 heures de travail, mais je travaillais 110 à 120 heures par semaine. Ce 80 heures de bénévolat, je vais le donner encore. C’est trois ans de notre vie, à moi et à ma famille et je suis convaincu que ça ne va pas s’arrêter là. Il faut surmonter le problème. Je ne veux pas que le monde me prenne en pitié. Je suis toujours capable de me trouver un travail, c’est pas un problème». Mark Picard a donné cette entrevue après être revenu d’un test pour le nouvel écran d’eau, comme quoi rien n’est arrêté. «On va présenter nos trois shows qui restent, on ne va pas s’en débarrasser, au contraire», a-t-il lancé. Le conseil d’administration a bien l’intention de l’engager à nouveau dès la crise passée.

Dans le plan de redressement, le conseil d’administration a l’intention d’aller chercher des partenaires, a souligné Alain Dagenais. M. Blouin s’est absenté pour une semaine, nous avons tenté de le joindre sans succès.



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