Le 1er février 2006
Volume 8
Numéro 4
Le Régional
Demander et obtenir des services de santé en français relève-t-il de l’utopie?
Par : Stéphane Fortier
Editeur : Le Régional
Hamilton-
Dans le cadre du projet « Préparer le terrain (PLT) », le Réseau Franco-Santé du Sud de l’Ontario tenait un premier groupe de discussion à Hamilton, pour parler des besoins et des lacunes des services de santé primaires pour les francophones du sud de la province.
Animée par Rachel Gnaléga, de la Société Santé en français, cette rencontre, à laquelle prenaient part 16 participants, a permis de constater que les services offerts sont loin d’être adéquats. Selon eux, plusieurs francophones ne savent même pas qu’ils ont le droit de demander des services en français. Si personne ne demande rien, rien ne se passera. Plusieurs le demandent sans se faire trop d’illusions. La plupart ne le fait tout simplement pas. Demander des services en français auprès d’une institution de santé, où personne ne parle ni ne comprend la langue de Molière, relève purement de l‘utopie. Quand les gens reçoivent des services en français, c’est souvent par accident.
Pour Rachel Gnaléga, il convient alors d’identifier les endroits où l’on peut obtenir des services en français. Et aussi, d’identifier les médecins spécialistes ou non, qui parlent français. De plus, comment donc identifier et évaluer la qualité des services en français s’ils sont inexistants?
Que peut-on faire pour encourager les francophones à demander des services en français ? Identifier les intervenants francophones et les services existant en français, augmenter leur visibilité et créer un réseau regroupant ces intervenants s’avèrent des actions qui peuvent certes faire partie de la solution. La création d’un centre multiservices du genre de Place Concorde, à Windsor, où bon nombre de services aux francophones sont regroupés sous un même toit, serait également une excellente initiative, selon les panélistes. Les besoins et les priorités les plus criants, en matière de services de santé en français, identifiés lors de cette rencontre, touchent particulièrement les enfants (pédiatrie), les personnes âgées, celles ayant un problème de santé mentale et les besoins liés aux services sociaux en général. Quant aux groupes qui éprouvent le plus de difficultés, en l’absence de services en français, sont les nouveaux arrivants, les aînés, les personnes handicapées et les femmes, spécialement celles qui sont victimes de violence conjugale.
En terme de solutions, outre la création d’un réseau d’intervenants, une liste de ces mêmes intervenants et des lieux où il est possible d’obtenir des services en français, pourrait être insérée sur le site Web de l’ACFO. L’information est primordiale, mais surtout, il ne faut pas craindre de demander des services en français.
Rappelons que le but de cette consultation est d’améliorer l’accès aux soins de santé primaires pour toutes les communautés francophones vivant en situation minoritaire partout au Canada sauf au Québec. D’autres consultations auront lieu dans d’autres secteurs au cours des prochaines semaines.
|

|