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Le 5 avril 2006
Volume 8 Numéro 13

Les francophones du Niagara se mobilisent pour établir leurs priorités

Par : Martin Moisan
Editeur : Le Régional

Thorold- Plusieurs représentants et intervenants étaient réunis à Thorold pour mettre en commun leurs opinions et visions de la situation de la communauté francophone du Niagara. Avec plus de 40 organismes représentés, le Forum francophone 2006 se voulait un moyen de rallier les voix de différentes sphères d’activité et d’établir un plan d’action global pour la francophonie dans la Péninsule.
Plusieurs dignitaires ont exprimé la volonté de travailler conjointement avec les francophones pour ne pas perdre l’un des atouts de la région. Parmi eux, le maire de Welland Damian Goulbourne et le député fédéral John Maloney ont pris la parole. « C’est une excellente initiative pour augmenter la présence des francophones. Il y a dix ans, il n’y avait pas de collèges francophones ou de journal de langue française comme Le Régional. La contribution des francophones est essentielle et avec la globalisation des marchés, c’est un atout de parler français », a commenté M. Maloney.
La journée s’est déroulée avec plusieurs ateliers animés par Éthel Côté, qui œuvre dans le développement durable des communautés depuis maintes années. Ainsi, les intervenants ont identifié les forces, faiblesses et menaces qui les touchent pour établir certains constats. Parmi les forces mises en évidence, l’éducation, le bénévolat et leur forte volonté de garder leur patrimoine linguistique actif. Au nombre des faiblesses, plusieurs ont souligné l’urgence de collaborer dans divers secteurs, notamment celui de l’éducation.
Certains intervenants n’ont pas eu peur de sortir des sentiers battus et dénoncer des situations. «Parmi les faiblesses que nous voyons, il y a l’absence des adultes âgés de 25 à 40 ans dans les activités communautaires», a souligné Muriel Thibault-Gauthier, directrice de l’école Sainte-Marguerite-Bourgeoys à St. Catharines. Un étudiant de l’école Confédération, Adrien Dallaire, a également soulevé un sujet délicat. «Pour nous, il est important de ne pas se diviser. Il faut qu’il y ait une meilleure collaboration entre les écoles pour unir nos forces.»
Parmi les participants, plusieurs visages connus, dont celui de Marc-Yvain Giroux qui a travaillé il y a 20 ans à la mise en place de la Loi sur les services en français. Ce dernier a mis en relief la nécessité pour les francophones de s’affirmer. «En allant faire les courses quotidiennes, au bureau de poste, peu importe où vous allez, il ne faut pas avoir peur d’utiliser le français», a-t-il mentionné. Plusieurs étaient optimistes par rapport au rassemblement des nombreux organismes et entreprises. «Il faut des initiatives de cette nature. C’est encourageant. On a tous les éléments pour avoir une communauté francophone forte. Il y a des personnes prêtes à mener des projets à terme. Maintenant que les priorités seront établies, il faut passer à l’étape suivante», a commenté Normand Savoie, directeur de L’ABC Communautaire.
Le Club 2000 a décidé de mettre sur pied cette rencontre suite à un nombre élevé d’appels et de commentaires sur le manque de services en français dans la région. «Il y a trop d’organismes qui tirent chacun de leur côté pour avoir les subventions. Celles-ci sont séparées et tout le monde y perd. Une journée de cette nature permet à chacun de voir ce qui se fait ailleurs et de se regrouper pour avoir une vision globale de nos ressources», a expliqué Lucie Huot, directrice de l’organisme.
Après la rencontre, Éthel Côté rédigera un compte-rendu qui fera ressortir les priorités et les grandes lignes mentionnées lors de cette journée. Les participants se rencontreront dans les prochaines semaines pour travailler sur les priorités identifiées. La directrice du Club 2000 assure que cet exercice ne se terminera pas sur une tablette. «En septembre prochain, dans chacun des secteurs représentés, au moins un projet verra le jour», a-t-elle affirmé. D’ailleurs, pour s’assurer que le rassemblement ne tombe pas dans l’oubli, deux comités ad hoc ont été formés de l’initiative des participants. Pour assurer un suivi d’ici la fin avril, plusieurs étaient disponibles afin de transformer une vision en réalité.



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