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Le 9 février 2005
Volume 39 Numéro 6

L’héritage artistique de Robert Chauvin fils sera présenté à Sarnia

Par : Richard Caumartin
Editeur : Le Rempart

Le fils de Hélène et Robert Chauvin de Pointe-aux-Roches, Robert junior, était un artiste passionné de taxidermie, une technique qui consiste à empailler les animaux pour en faire des oeuvres d’art. Malheureusement, il est décédé subitement le 23 juin 1999 de problèmes cardiovasculaires à l’âge de 32 ans.
À son décès, il a laissé derrière lui une imposante collection d’animaux et d’agencements naturels de toutes sortes. Jim Richards, un homme d’affaires de Sarnia et fondateur du musée Stones‘N Bones dans lequel il a investi plus de 2 millions de dollars jusqu’à maintenant, a récupéré dernièrement 66 œuvres de l’artiste pour en faire une exposition.
La taxidermie est avant tout précise, scientifique et réaliste. L’animal doit paraître vivant et conserver toutes ses caractéristiques naturelles dans le moindre détail. Le poids allégé et la solidité renforcée de chaque pièce sont également deux domaines en constante progression, tout comme la réalisation des organes extérieurs irrécupérables tels que les yeux, la langue, etc. En somme, la taxidermie est devenue un artisanat pointilleux au service de la science et de l’esthétisme.
Pour Robert Chauvin junior, c’était d’abord et avant tout un art qui lui permettait de s’exprimer. «La taxidermie était sa passion, raconte son père. Il était en 7e année quand il a commencé pour la foire des sciences de l’école Saint-Paul à Pointe-aux-Roches. Il disait qu’à travers son art, il pouvait garder les animaux vivants. Il avait obtenu un permis de musée pour exposer ses maquettes. Je me souviens, quand les écoles avaient coupé les budgets et les sorties de fin d’année, mon fils fabriquait à l’époque une remorque pour permettre aux élèves d’y entrer et de voir ses animaux.»
Amoureux de la chasse et de la pêche, ce champion du tir à l’arc avait fondé un club et aménagé un local pour que les membres et autres adeptes de ce sport puissent pratiquer leur passe-temps favori.
«Je croyais que la taxidermie était un hobby pour lui, mais ce n’est qu’après sa mort que j’ai réalisé que c’était plutôt une passion et son vrai métier, qu’il pensait comme un artiste et qu’il avait un talent extraordinaire, se rappelle monsieur Chauvin. Il s’était forgé une excellente réputation après avoir participé à des compétitions nationales et internationales.»
Plusieurs membres de la famille ont d’ailleurs conservé de nombreux souvenirs comme des orignaux grandeur nature, des bœufs musqués, des renards et des poissons. Les 66 œuvres qui sont restées dans le sous-sol de la ferme Chauvin ont été remises à M. Richards.
«C’est lors d’une première compétition à Orillia où j’avais défrayé les coûts d’inscription que mon fils avait remporté deux prix de 2e place et un de 3e. C’est à partir de ce moment-là qu’il est devenu perfectionniste dans son travail. C’était la consécration et la confirmation de son talent, ajoute son père. Puis, quand il est décédé, il était censé arrêter à Granby au Québec, où un homme d’affaires avait investi des millions de dollars dans un musée de taxidermie. Ce dernier voulait que mon fils empaille des poissons pour lui parce que Robert avait un talent inouï pour cette technique qui n’est pas facile à réussir.»
Les Chauvin sont très heureux de savoir que les œuvres de leur garçon seront exposées. «J’ai demandé à Jim Richards ce qu’il adviendrait du travail de mon fils à son décès. Il m’a rassuré en me confiant qu’il avait mis en place une fondation charitable qui sera responsable du musée et des animaux de mon fils. Des retouches seront nécessaires avant de présenter les œuvres au public mais nous sommes fiers d’avoir pu sauver son héritage», conclut un Robert Chauvin très ému. Le musée Stones ‘N Bones est situé au 223, rue Christina Nord à Sarnia.



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