Le 12 octobre 2005
Volume 39
Numéro 38
Le Rempart
Un passionnant retour en arrière lors des Heritage Days à Chatham
Par : Marie Maynard
Editeur : Le Rempart
Chatham-
Sur le trajet pour s’y rendre, rien ne laisse présager la surprise d’une rencontre avec l’Histoire d’une façon aussi vivante. De loin, quelques tentes de coton naturel piquées dans la verdure des champs éblouissent déjà sans dévoiler ce qui s’y cache. Lentement, des personnages que l’on croirait tout juste sortis d’un livre apparaissent dans leurs habits révélant une autre époque. L’odeur de la fumée et du bois brûlant ravive encore plus intensément la mémoire de ces histoires tant racontées et des films d’épopées parfois bien usés. Mais encore! Mettre les pieds dans le cœur des XVIIIe et XIXe siècles, en ayant que pour seul repère de notre ère moderne, les vêtements des visiteurs et leurs clins clins technologiques au cou et dans les poches, certainement que le défi est déjà relevé pour les organisateurs.
Le site présentait une centaine de métiers, et encore plus d’exposants et de figurants. Un couple de couturiers tailleurs québécois était aussi au rendez-vous. Pierre Farand et Renée Fleury se spécialisent dans la fabrication des uniformes pour les régiments qui font de la reconstitution historique et des vêtements d’époque sur mesure pour les civils.
Tuques, chapeaux, ceintures fléchées, chemises, vestes de laine, ces deux exposants ramènent à leur manière, à une période que certains pourraient dire malheureusement révolue. «Les vêtements de cette époque étaient encore plus fortement liés à l’identification de la classe sociale. La mode s’est constituée en fonction de l’usure des vêtements», raconte Pierre Farand. Il donne en exemple la veste masculine qui, à l’origine, était très longue avant d’être comme aujourd’hui à la hauteur de la taille.
«Dans ce temps-là, on visait toujours le côté pratique. La veste longue usait surtout sur le fessier d’abord, alors on coupait un peu plus, et on venait de créer une nouvelle mode». Il conclut ainsi : «Même si notre métier nous ramène dans le passé, on se sert de notre réflexion sur ce passé pour mieux vivre notre présent. Les gens oublient les misères et guerres de notre histoire, et ce que ça a pris pour qu’on en arrive à ce qui est aujourd’hui, ce qu’on a acquis.»
Les événements marquants du week-end auront été sans aucun doute la reconstitution de la guerre de 1812. Boulets de canon, poudre, artillerie et militaires, moments d’une guerre qui a fait encore beaucoup de bruit. Si les tirs ne séduisent pas, alors il y avait toujours la possibilité de déguster une tarte aux pommes cuite sur le feu, d’assister à une classe en plein air ou encore de discuter avec le coureur des bois afin d’obtenir quelques peaux en échange de son appareil photo numérique.
Nul doute que la passion animait chaque figurant de cet immense campement. Les notions du savoir, de la transmission des connaissances au public, les costumes et les accessoires ne servent à rien ou peu sans cette passion qui anime ces personnages. Sur ce site, il n’en manquait surtout pas.
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