Le Saint Jeannois



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Le 28 mai 2005
Numéro 71

Le gouvernement libéral gagne... jusqu’à la prochaine fois

Marc-André Bouchard

Après un mois sur la corde raide, le gouvernement Martin a survécu au vote crucial sur son budget. Il demeure minoritaire et devra continuer à conquérir au quotidien la confiance des Communes mais surtout des Canadiens.

Après un mois sur la corde raide, le gouvernement Martin a survécu au vote crucial sur son budget. Le résultat met fin à une période marquée par la multiplication des procédures parlementaires, les nombreuses volte-face (Belinda Stronach qui change de camps et s’en va chez les libéraux), les jeux d’alliances entre partis (conservateurs-bloquistes et libéraux-néodémocrates), les tractations de coulisses avec des députés indépendants et les spéculations sur les problèmes de santé de certains parlementaires. La crise politique a même brisé une relation amoureuse entre deux députés (Belinda Stronach et Peter Mackay).

Le décompte, au soir du 19 mai : 152 votes pour les amendements au budget, 152 contre. Le président de la Chambre, Peter Milliken, un libéral, doit trancher. Comme le veulent les règles parlementaires, il penche en faveur du statu quo, donc en faveur de la survie du gouvernement. Les libéraux peuvent respirer, pour un temps. Leur gouvernement demeure minoritaire et devra continuer à conquérir au quotidien la confiance des Communes.

Doit-on maintenant sauter de joie ou être en maudit parce que le gouvernement du Parti libéral du Canada a vaincu pour ainsi dire le vote du budget par un seul vote de majorité? En y réfléchissant bien, il est tout à fait légitime pour quiconque d’être écoeuré d’entendre parler de l’argent « sale » gaspillé, à même celui des contribuables, dans le programme des commandites. Pour cela, il est aussi juste d’en vouloir aux libéraux de désirer de les renverser. Mais rappelons-nous que le programme des commandites a été instauré sous un autre gouvernement, bien que libéral lui aussi.

Alors oui, trouvons les coupables et attendons la fin du Rapport Gomery, même si une élection hâtive aurait servi une bonne leçon au PLC, une leçon d’humilité et aussi de culpabilité à certains égards. Même Paul Martin s’est excusé d’avoir fait partie du gouvernement qui a instauré le programme des commandites lors de son élocution à la nation.

Par conséquent, un changement si tôt aurait-il été LA solution idéale? Pour Paul Zed, le député fédéral de Saint-Jean a révélé lors d’une entrevue avec Le Saint-Jeannois, dernièrement, que la population de la ville portuaire ne veut pas aller en élection. Lui-même désire attendre la fin du rapport du scandale qui fait de plus en plus mal au coeur, lorsque nous y réfléchissons attentivement, et surtout quand nous voyons le coût astronomique que les contribuables doivent débourser, soit 332 millions de $.

À bien y penser, surveillons le gouvernement libéral de près jusqu’à la prochaine élection, et peu importe le moment où elle sera lancée, votons pour le parti ou le candidat « le plus moins pire » comme aurait dit un ancien premier ministre bien connu.

Editeur : Le Saint Jeannois


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