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Le 15 décembre 2004


Gilles A. Davidson

Vue sur nos professionnels

Par : Doris Bouchard
Editeur : Nouvelles de Timmins

Les débuts
Gilles A. Davidson est né à Cornwall (Ontario). Dès son jeune âge, il s'est intéressé aux arts visuels et cette passion s'est continuée jusqu'à ce jour.
Ayant expérimenté une variété de médium, Gilles favorise le dessin à l'encre de Chine.
Il a entrepris ses études post-secondaires à l'Université d'Ottawa où il a pratiqué son art comme illustrateur et graphiste au sein du Fulcrum, journal de l'Université. C'est à ce moment qu'il a commencé à donner un sens plus profond et sérieux à ses dessins. À cette époque, fin des années 60, ses thèmes philosophiques étaient des commentaires qui naissaient des résultats futiles de la guerre et de son étude de la pensée existentialiste.
En 1974, Gilles a déménagé à Timmins, où il oeuvra comme éducateur en arts visuels et en arts médiatiques. Plus de trente ans furent consacrés à l'enseignement de ces deux matières, si importantes au développement des jeunes apprenants et apprenantes.
Le dessin à l'encre de Chine occupe une bonne partie de son temps. Maîtriser l'encre, la plume et le pinceau demeure pour lui un défi d'envergure. Par ce médium, dans un monde de couleur, Davidson retourne au noir et blanc.
De ces expériences, germent les idées qui deviennent images. Ses oeuvres sont originales et personnelles. Les sentiments tels la solitude, l'amour, la vieillesse et le rustique. bref, l'expérience du vécu et les résultats de la condition humaine sont des thèmes qui ressortent de ses nombreuses compositions.
Par son approche sensible, nourrie par l'expérience, Davidson réussit à donner à ses oeuvres une expression chaleureuse. Il faut voir ses oeuvres, non seulement avec les yeux du corps, mais plus important, avec les yeux du coeur.

Les démarches artistiques
Mes dessins s'attachent d'une façon très étroite à mon expérience de vie.
J'illustre le fait que nous vivons dans un monde fini, c'est-à-dire, un monde où tout change et que toute matière a un début et une fin; que l'être humain se définit par sa conscience et par les relations qu'il développera au cours de son existence.
Par mes dessins, je recherche le pourquoi des choses. Je vis, je vieillis, j'expérimente, j'acquiers de l'expérience et en cheminant, je me questionne sur les relations et les événements qui me marquent.
Dans l'oeuvre *Tel père tel fils*, je comprends que la vie a fait plein tour. Il n'y a pas tellement longtemps, au moment de mes 10 ans, mon père me conduisait à la patinoire pour mes parties de hockey mineur. À notre retour, Oscar accrochait mes patins et les siens, sur un clou dans le portique, à l'entrée de la maison.
Par de beaux jours d'hiver, mon père laçait mes patins et m'amenait sur un étang pas très loin de chez nous. Là, il me montrait comment patiner et comment manier le hockey. Je sens encore sa présence et l'expérience lorsque je marche le long d'un étang ou lorsque je suis à une patinoire.
À maintes reprises, j'ai conduit à mon tour, mon garçon à la patinoire pour ses parties de hockey. De la même manière que le faisait mon père, j'accrochais nos patins sur un clou.
En examinant de près la composition, il est possible de voir que les patins de l'adulte et ceux de l'enfant sont différents. C'est la différence qui existe de père en fils à travers les générations. Une preuve que ce qui est à venir a la possibilité d'être meilleur de ce qui était. Les patins qui pointent dans différentes directions suggèrent la différence des générations. Même dans le contraste, l'équilibre se fait sentir.
Nous, père et fils, mère et fille, avançons à notre propre rythme, assurant une relève pleine d'idées nouvelles vers un avenir prometteur. Les patins de l'enfant placés devant ceux du père, démontrent l'appui du père dans l'apprentissage de l'enfant. Son encouragement et son désir est de pousser l'enfant en avant vers une expérience positive, une expérience guidée et suivie.
Dans l'oeuvre *De vieux amis*, je mets à l'avant plan, le fait qu'un jour chacun de nous arrivera à une croisée des chemins. L'âge, le teint vieilli, la fatigue des membres après une longue vie de travail, feront en sorte que je devrai éventuellement me mettre de côté, changer quelque peu la direction de ma vie pour laisser la place aux plus jeunes...la retraite en est qu'un exemple.
Les éléments dans cette composition s'attachent au thème de ski d'une génération passée, associé à un temps où la vie était un peu plus simple et ou le rythme était un peu plus calme. Elle illustre bien l'amitié qui existe entre ces partenaires qui autrefois étaient dans leur gloire mais qu'aujourd'hui doivent faire face à une éventualité...Ils forment une équipe inséparable, une équipe qui, par notre regard sensible, évoque une certaine nostalgie, nous mettant un sourire aux lèvres, tout en leur communiquant un travail bien fait, une vie bien remplie.
*Pin nus*, scène de notre terroir, n'est pas une simple illustration d'un paysage de chicots dans une forêt froide et inhospitalière. C'est une scène qui évoque une réalité des plus frappantes.
Même si la santé est partenaire de route, que la joie de vivre m'accompagne chaque jour et que le sentiment d'énergie sans bornes, coule dans mes veines, je réalise que je suis arrivé dans ce monde nu et que dans un avenir près ou lointain, je le quitterai de la même façon.
Les pins dans cette scène étaient jadis grands et fiers et dans un rythme graduel et gradué, ceux-ci, comme moi, un jour, retourneront à la terre.
Dans l'oeuvre *Solitaire*, je m'inspire de la sculpture qui a guidé ma création depuis longtemps: *Le penseur* d'Auguste Rodin. Assis seul sur un banc, un vieillard contemple sa vie peut-être même la vie. Qui est cette personne au visage ridé, au dos courbé et aux jambes tremblantes? Il y a longtemps, il était jeune, le coeur plein de rêves et d'espoir, il courait dans les champs, sourire aux lèvres et l'avenir prometteur dans ses bras. Que regarde-t-il? Que voit-il assis seul sur son banc? Est-ce un simple regard sur la condition humaine? Notre condition humaine?
Dans un monde de couleurs, je retourne au noir et blanc, Je suis avant tout dessinateur.
L'encre de Chine me permet, à ma façon, de cerner l'élément que je crois le plus important dans ma composition: message. Ce médium me donne une liberté et une simplicité d'expression. Mon oeuvre en noir et blanc est différente, accueillante et ininterrompue par les effets que peuvent créer la couleur.

Pédagogie et curriculum
Depuis 1974, Gilles A. Davidson, en plus de son expression artistique, oeuvre comme éducateur en arts visuels et médiatiques au sein du Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières. Il enseigne présentement un cours d'arts médiatiques au centre LA CLEF (La croisée des Lieux d'Éducation et de Formation).



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