Le 30 mars 2005
Volume 9
Numéro 13
Nouvelles de Timmins
Les amoureux de CFCL - Claude Lahaige et André Boisvert
Par : Doris Bouchard
Editeur : Nouvelles de Timmins
Timmins-
Doris Bouchard
TIMMINS - Les Nouvelles
Il y eu un temps où la radio CFCL avait une grande influence sur le mode de vie des gens de la communauté de Timmins et d’ailleurs.
Les gens se souviendront sûrement du talentueux annonceur Claude Lahaige, venu directement de Montréal, en mai 1972, pour entreprendre ses premières expériences à la radio française, à Timmins!
Faillait-il le décès de la voix du Nord, André Boisvert, pour entendre à nouveau parler de lui!
C’est en ayant vu mes articles sur l’internet, concernant André Boisvert, que cet amoureux de la radio, m’a téléphoné pour me faire part de ses sentiments envers notre bon ami André et pour me raconter quelques faits du temps où il était annonceur à la radio CFCL.
Oui, Claude Lahaige avait 20 ans lorsqu’il s’est exilé dans le Nord ontarien, comme disaient ses amis.
Il avait toujours rêvé d’être annonceur. Dès son jeune âge, il se faisait des émissions fictives chez-lui. Il s’est même inscrit à l’Académie des annonceurs à Montréal afin d’y suivre une formation. Le directeur lui avait demandé ce qu’il faisait là, car il n’avait besoin d’aucun cours; son talent était inné.
C’est par l’entremise du gérant du temps, Pierre Stein, qui était à la recherche d’un annonceur radiophonique, que Claude Lahaige nous est arrivé à Timmins. Plein d’enthousiasme et de naïveté, il est présenté à Jacques Lamothe, directeur des émissions, où il chambra pendant une partie de son séjour à Timmins. Demeurant dans l’Est de la ville, Claude Lahaige raconte qu’il n’avait pas d’auto, donc, il a dû marcher. “J’ai fait l’équivalent du tour de la Gaspésie en marche à Timmins, pour aller à mon travail”, mentionne-t-il.
Les débuts à la radio se sont faits sous un vent de panique à 1 h 20. L’heure n’était pas la même pour tout le monde, semble-t-il et il fallait improviser lorsque l’horaire changeait, sans trop avertir d’avance.
On y faisait de tout à la radio, en ce temps là. Messe de minuit, hockey, émission du Père Noël et pour les jeunes, nouvelles, commerciaux, tout y passait.
Il se rappelle même, d’avoir animé l’émission Le rendez-vous sur la colline, à l’été 1972, où les gens demandaient des autographes et des dédicaces comiques et parfois, audacieuses.
Le 31 décembre 1972, Claude Lahaige avait animé pendant la nuit. Il disait aux gens qu’il était prêt à payer afin d’avoir un petit morceau de pâté à la viande. Des gens chaleureux et gentils, comme dit Claude Lahaige, sont venus lui apporter un repas complet de mets de toutes sortes.
Les p’tits matins de la radio CFCL se faisaient de 6 heure à 9 heure, où Claude faisait tout pendant cette émission. Ensuite c’était Les joyeux Troubadours de midi à midi trente. Il poursuivait avec l’émission Gérard Pelletier vous écoute, pendant que Claude Lahaige commentait. Le soir c’était Le rendez-vous sur la colline, de 10 h à minuit
Cet animateur, venu de Montréal, se rappelle d’avoir travaillé avec André Bisson de l’Abitibi; Michel Desilets de Montréal; Jean-Guy Desroches du Nord-Est de l’Ontario; Jacques Lamothe et André Boisvert, avec qui il s’est lié d’amitié.
Claude Lahaige animait, aussi, l’émission de Détentes et chansons douces la nuit. “Je baissais le volume de la radio pour faire un style F.M. et je prenais beaucoup de soin à préparer mes émissions”, raconte Monsieur Lahaige.
Claude Lahaige se rappelle du Centre culturel La Ronde qu’il a vu évoluer. Il a même reçu le fondateur en entrevue. Il se rappelle aussi des émissions avec Jos Meloche.
Claude Lahaige se rappelle les sorties qu’il a fait en compagnie de André Boisvert. “Il aimait beaucoup le Nord et André était un homme d’une gentillesse et d’une éducation remarquable”, mentionne-t-il.
Vingt-cinq ans plus tard, en 1997, Claude Lahaige est venu visiter André Boisvert. Tous les deux ils sont retournés sur le Mont Sacré Coeur et au London café où ils se sont rappelés de merveilleux souvenirs. La dernière fois que les deux amants de la radio se sont rencontrés, c’était cette fois, en 1997. Les deux pleuraient lorsqu’ils se sont quittés.
Avec le décès d’André, Claude a perdu un ami; le public a perdu un amant de la radio et un grand amant du Nord ontarien. “Je me souviens qu’il a eu des offres à Montréal mais il a refusé pour demeurer dans son Nord-ontarien, car il aimait sa région. Il en bouffait de la radio et il s’ennuyait lorsqu’il était seul. Il avait besoin de son public”, mentionne Claude Lahaige
Mais c’est souvent dans ces installations rustiques, avec des pannes d’électricité que les amants de la radio reçoivent la piqûre pour la vie.
Lorsque Claude Lahaige a quitté Timmins, c’est à Shawinigan qu’il s’est rendu pour travailler comme annonceur. Maintenant, il est conseiller en communication pour une agence industrielle de Montréal, depuis 10 ans.
Ces souvenirs remémorés nous permettent de faire un retour sur ce qu’était les belles années de CFCL à Timmins, lorsque les gens n’avaient autres choses à écouter, que la radio.
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