Le 7 avril 2005
Volume 9
Numéro 14
Nouvelles de Timmins
ACFO + DECCO = AFO
L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario
Par : Doris Bouchard
Editeur : Nouvelles de Timmins
Timmins-
Doris Bouchard
TIMMINS - Les Nouvelles
C’est lors d’une assemblée générale extraordinaire, à Mississauga, que les délégués ont voté sur une proposition, afin de fusionner l’ACFO ( Association canadienne-française de l’Ontario) et la DECCO (direction de l’Entente Canada-Communauté Ontario).
L’AFO (l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario) représenterait tous les franco-phones et serait le porte parole unique de la communauté francophone. Elle serait, aussi, formée de la base de l’ACFO et de la DECCO et aurait comme rôle de négocier et gérer la nouvelle entente Canada-Communauté Ontario. Son 2ième rôle serait le développement et le regroupement politique au niveau de la francophonie.
L’ACFO représentait 50 des 200 organismes en Ontario, donc représentait pas tous les francophones.
La DECCO, de son côté, regroupait 18 secteurs et était encore moins représentative des francophones.
Mais que va-t-il arriver avec les ACFO de nos municipalités? “Tout ce qui se passe n’a rien à faire avec le local. Tout le regroupement AFO ne concerne que le provincial”, mentionne Sylvin Lacroix, directeur général de ACFO-TIMMINS. “L’ACFO ne fonctionne plus et se déchire et la DECCO ne pouvait pas fonctionner, puisqu’elle avait été mise sur pieds par le gouvernement. Il est temps qu’on passe à autre chose. À Timmins comme ailleurs, on se prend en main et on s’organise afin de se faire aider par des associations et des compagnies dans la communauté”, mentionne Monsieur Lacroix.
Au niveau de la formation de l’AFO, des consultations publiques ont eu lieu et un comité a été formé de deux personnes de l’ACFO, deux personnes de la DECCO et trois personnes de la communauté en général. Le groupe des sept a étudié toutes les recommandations et les rapports afin d’être au courant et de faire les modifications pour se rendre à la formation de l’AFO. Le Nord ontarien aurait le quart des représentants.
Monsieur Jean Poirier, président de l’ACFO provincial, explique que c’est la dernière chance, qu’ils ont fait le meilleur compromis possible et qu’il était temps de passer à l’action. Ce serait une transformation de l’ACFO qui a été mise en place au Congrès du 18 au 20 janvier 1910 à Ottawa et qui se nommait à ce temps, l’ACFEO (Association canadienne-française d’éducation d’Ontario). L’Association s’est occupée à rassembler les canadiens français de l’Ontario mais aussi à défendre leurs droits. Acceptation à l’éducation en français (modification du règlement XV11 en 1927), la colonisation dans le Nord ontarien en 1929, l’amoindrissement du chômage, la formation de l’Union des cultivateurs franco-ontarien en 1929, l’Association des commissaires des écoles bilingues de l’Ontario en 1944, l’Association jeunesse franco-ontarienne en 1949, etc.
Le 30 septembre 1970, c’est sous le nom de ACFO qu’elle a continué à protéger les intérêts des Ontariens de langue française, ainsi que de promouvoir leur épanouissement et leur culture. Et c’est dans plusieurs domaines qu’elle s’est impliquée : culture, politique, services sociaux et juridiques, etc.
Mais voilà que l’ACFO-TIMMINS sera influencée par le renouveau provincial et vivra des changements au niveau physique dans la réorganisation de son bureau au Centre culturel La Ronde inc. Elle vivra aussi une modernisation au niveau des Statuts et règlements. “On désire avoir un nouveau look, une nouvelle présence dans la communauté et une nouvelle façon de faire”, mentionne Sylvin Lacroix, qui y travaille depuis janvier 2005. Au niveau administratif, l’ACFO-TIMMINS désire embaucher un coordonnateur afin de travailler auprès de la jeunesse.
Les projets 2005 sont de faire comprendre aux conseillers municipaux qu’il faut améliorer les services en français au niveau de la municipalité. Il se fera une présentation officielle au conseil municipal. Dans un deuxième temps, il y aura une formation d’un nouveau leadership dans la communauté. On s’attend, aussi, à ce que l’ACFO-TIMMINS se penche de nouveau sur le projet d’un Centre de santé communautaire francophone à Timmins.
Selon Monsieur Pierre Bélanger, président de ACFO-TIMMINS, le problème de fond est qu’ils ne réussissent plus à faire le travail qui se faisait dans le passé par manque de financement. L’argent venant du gouvernement ne se rendrait pas à la source. “Les gens du gouvernement ne connaissent pas la réalité du Nord ontarien, les difficultés et les besoins. Depuis 1990, on a perdu 50% des revenus de financements”, mentionne Monsieur Bélanger.
Avec la visite à la ministre du Patrimoine canadien, Madame Liza Frulla, la ligne de communication est désormais installée, pour une première fois et les francophones sont assurés d’un suivi et probablement d’une
visite de la ministre éventuellement.
Concernant la fierté franco-phone, on se pose des questions et la réalité nous fait dire que parmi les francophones, il y a les assimilés, les frustrés et les convaincus à la cause. Les fiers francophones le resteront-ils encore longtemps afin de continuer à défendre leurs droits et de transmettre leur héritage à la jeune génération? C’est ce qu’on verra avec le développement futur des Associations qui s’installent... et sans la conviction de chacun.
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