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Le 10 mars 2006
Service de nouvelles de l'APF
Le Sénateur Hugh Segal ou l’amour de la dualité linguistique
Par : Jean-François Bertrand
Editeur : Association de la presse francophone
L’ancien conseiller des premiers ministres Mulroney et Davis prononce une conférence lors d’un colloque à l’Université d’Ottawa.
Quel est le lien entre fédéralisme, Québec et les minorités francophones du Canada? La Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques et le Centre de recherche en civilisation canadienne-française a organisé un colloque pour se pencher sur cette question.
Près d’une trentaine d’experts, chercheurs et intervenants ont participé à une série de conférences et tables rondes, réunis par les deux centres de recherche de l’Université d’Ottawa.
Le Sénateur Hugh Segal, président de l’Institut de recherche en politiques publiques, a donné la conférence inaugurale. On dit de lui qu’il est « l'un des experts les plus renommés du Canada dans le domaine des politiques publiques. »
C’est à l’Université d’Ottawa, à la fin des années 1960 que M. Segal a fait ses débuts en français. Né dans une banlieue anglophone de Montréal, il a grandi en anglais seulement, se souvient-il.
Alors qu’il était président de l’Association générale des étudiants, il y a 35 ans, il était en faveur d’une université unilingue, francophone. « J’attends toujours », a-t-il dit, sourire aux lèvres.
« Le thème de ce colloque est une question fondamentale sur l’identité nationale », a assuré le sénateur. Selon lui, le thème n’aurait pas pu être mieux choisi, étant donné l’actualité, qui comprend la remontée de la popularité du Parti conservateur au Québec et l’élection de 10 députés, qui en a surpris plusieurs.
Il a traité du « fédéralisme d’ouverture », tel que présenté dans la plate-forme conservatrice lors de la campagne. Selon lui, le pacte qui a mené à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique est une association confédérale, où les provinces sont quasi autonomes et où elles disposent de l’exclusivité des compétences.
Selon M. Segal, le fait français ne s’arrête pas à la frontière du Québec. « L’obligation du fédéral envers les minorités francophones du pays demeure une responsabilité fédérale, pour toujours. Le respect du fait français doit être la priorité numéro un du gouvernement fédéral. »
Il rappelle que ces obligations comptent également pour les petits villages, et non pour que les grandes améliorations.
C’est pourquoi le Sénateur Segal croit qu’il serait bon d’explorer un fédéralisme sur une base non territoriale. Cela se fait, par exemple, en Belgique. Plus près de nous, il donne en exemple, à plus petite échelle, les conseils scolaires des francophones, qui couvrent des grands territoires sans être limités à une municipalité, comme l’étaient par le passé les conseils scolaires ontariens.
À la suite d’une question posée par Jean-Guy Rioux, président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, le sénateur a traité de l’importance de l’adoption de S-3, qui donne plus de mordant à la Loi sur les langues officielles.
Plus encore, M. Segal croit que la ville d’Ottawa devrait être officiellement bilingue. « Si demain matin, le fédéral disait que la capitale est bilingue, Ottawa deviendrai bilingue. Dans un pays bilingue, il est normal que la capitale soit bilingue. »
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