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20 avril 2001

Services de nouvelles nationales

Les Jeux de la jeunesse franco-ontarienne

Yves Lusignan


Mine de rien, les Jeux franco-ontariens sont en train petit à petit de devenir un lieu de passage obligé pour la jeunesse franco-ontarienne. Le “père fondateur” et organisateur des Jeux, le jovial et dynamique Félix Saint-Denis, est en mesure aujourd'hui d'identifier des retombées concrètes de cet événement annuel, qui en sera cette année à sa huitième édition.

D'abord, il constate que des anciens participants ont été suffisamment marqués par l'expérience au point d'orienter leurs études en arts visuels; un des volets artistiques des Jeux franco-ontariens avec la chanson et la musique, l'improvisation, et le concours d'amuseurs publics.

Ensuite, d'anciens participants aux Jeux commencent à se faire remarquer sur la scène nationale et internationale. C'est le cas de la photographe Geneviène Ruest, qui représentera le Canada cet été aux Jeux de la Francophonie : “On est bien fier, parce qu'elle est passée par chez nous”.

Dominique Mercier, un ancien étudiant de l'école De La Salle qui participait aux premiers jeux à Orléans, est aujourd'hui bédéiste professionnelle à Toronto. Mathieu Wellan, qui était technicien bénévole lors des deux premières éditions, est aujourd'hui directeur technique d'un des spectacles présenté par le Cirque du Soleil à travers le monde : “Dans tous ces cas, les Jeux ont été un événement motivant ou formateur pour eux” dit Félix Saint-Denis.

Autre heureuse surprise : l'idée de déplacer l'événement d'un endroit à un autre à chaque année donne une couleur locale aux Jeux. Non seulement une couleur locale, mais les Jeux ont des retombées positives dans les communautés. Félix Saint-Denis cite l'exemple de l'école de Chelmford, hôte de la troisième édition, qui a par la suite créé un fonds d'animation culturelle avec l'aide de la municipalité. À l'école secondaire de Casselman dans l'est ontarien, la sixième édition des Jeux a donné naissance à un spectacle à grand déploiement avec la participation de 80 jeunes intitulé Le cri d'un peuple, qui a même fait la tournée des écoles ontariennes.

Les Jeux ont maintenant atteint une certaine vitesse de croisière. Plus de 1 000 jeunes de partout en Ontario participeront aux compétitions sportives et culturelles ou agiront à titre de bénévoles lors de la huitième édition, qui aura lieu du 18 au 21 mai aux écoles E.J. Lajeunesse et L'Essor à Windsor.

Le choix de cette ville n'est pas un hasard, puisqu'on y célèbre cette année le tricentenaire de la fondation de la première colonie française en Ontario.

C'est en 1992, lors d'une assemblée organisée à Iroquois Falls par la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), que l'idée d'organiser des jeux est apparue aux participants comme une façon de combattre l'assimilation, créer un rapprochement avec les adultes, surmonter un certain sentiment de dévalorisation et offrir un tremplin pour les jeunes talents.

Cette formule, qui mélange le sport, les arts et la culture, a permis aux organisateurs de ratisser large. Il s'agit du seul événement provincial qui réussi à faire participer quelque 35 écoles, dit avec satisfaction Félix Saint-Denis. On organise même depuis quelques années des jeux dans chaque école francoontarienne. Les Jeux franco-ontariens ont aussi conclu une entente avec le comité organisateur des Jeux de la Francophonie, qui permettra à une centaine de jeunes de tous les coins de la province d'agir cet été à titre d'agents d'information et d'animateurs.

Editeur : Association de la presse francophone


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