|
Bienvenue sur le site de nouvelles nationales!
Le 10 décembre 2002
Service de nouvelles de l'APF
L’assimilation gagne encore du terrain au pays
Yves Lusignan
Ottawa (APF) : L’assimilation des francophones gagne encore du terrain au pays, notamment en raison de la hausse continue du nombre de francophones mariés à des anglophones.
Les données du Recensement sur les langues parlées au Canada indiquent une augmentation des «transferts linguistiques» vers l’anglais partout au pays, sauf en Alberta où le taux est stable et dans les Territoires du Nord-Ouest où il est à la baisse.
Le taux d’assimilation des francophones, en excluant le Québec, est passé de 36,5 à 38,1 pour cent en moyenne entre 1996 et 2001. La Colombie-Britannique affiche le plus fort taux d’assimilation, alors que le Nouveau-Brunswick enregistre le plus bas taux au pays.
La population francophone totale à l’extérieur du Québec a augmenté de 10 000 pour atteindre 980 270, en hausse de 1 pour cent. Les francophones «hors Québec» représentaient 4,4 pour cent de la population en 2001, comparativement à 4,5 pour cent en 1996. Cette hausse s’expliquent en bonne partie par un gain de 8 880 francophones en provenance du Québec.
Statistique Canada a raffiné ses données sur les «transferts linguistiques» ou l’assimilation, ce qui donne cette année des résultats plus nuancés. Grâce à une nouvelle question posée lors du Recensement, il est maintenant possible de connaître le nombre de francophones qui parlent «régulièrement» le français à la maison, même s’ils ont indiqué parler l’anglais «le plus souvent» à la maison. En moyenne, 39,4 pour cent des francophones qui parlent le plus souvent l’anglais à la maison, ont indiqué parler aussi régulièrement le français.
Résultats par province et territoire
À Terre-Neuve et Labrador, 63,6 pour cent des francophones ont indiqué qu’ils parlaient le plus souvent l’anglais à la maison en 2001, comparativement à 60,9 pour cent en 1996 et 54,9 pour cent en 1991. Toutefois, 30,6 pour cent des francophones qui ont déclaré parler le plus souvent l’anglais à la maison utilisaient encore régulièrement leur langue maternelle au foyer.
La province comptait 2 360 francophones en 2001, en baisse de 3,1 pour cent par rapport à 1996, qui représentaient 0,5 pour cent de la population.
Seulement 990 parlaient le plus souvent le français à la maison, alors que pas moins de 67,4 pour cent des francophones vivaient avec un conjoint anglophone. Terre-Neuve a également perdu 400 francophones en cinq ans au profit des autres provinces.
À l’Île-du-Prince-Édouard, le taux d’assimilation se chiffrait à 53,1 pour cent, comparativement à 47,6 pour cent en 1996 et 46,7 pour cent en 1991. Parmi ceux et celles qui parlaient le plus souvent l’anglais à la maison, on en comptait 35,4 pour cent qui utilisaient régulièrement le français.
La province comptait 5 890 francophones en 2001, en hausse de 3,1 pour cent, qui représentaient 4,4 pour cent de la population totale.
De ce nombre, 2 820 parlaient le plus souvent français à la maison. La moitié des francophones (50,7 pour cent) avaient un conjoint anglophone. L’Île a perdu 150 francophones au profit des autres provinces entre 1996 et 2001.
En Nouvelle-Écosse, le taux d’assimilation était de 45,6 pour cent en 2001, comparativement à 43,3 pour cent en 1996. Parmi ceux qui parlaient le plus souvent l’anglais à la maison, on en comptait 40,7 pour cent qui disaient utiliser régulièrement le français.
La province comptait 35 380 francophones en 2001, en baisse de 2,6 pour cent, ce qui représentait 3,9 pour cent de la population totale.
De ce nombre, seulement 19 790 parlaient le plus souvent le français à la maison. Près de la moitié (48,6 pour cent) des francophones avaient un conjoint anglophone. La Nouvelle-Écosse a également perdu 270 francophones entre 1996 et 2001 en raison de la migration interprovinciale.
Le Nouveau-Brunswick est toujours la province où les francophones s’en tirent le mieux. Le taux d’assimilation est cependant à la hausse, puisqu’il est passé de 9,7 à 10,5 pour cent entre 1996 et 2001. Parmi les Acadiens qui parlaient le plus souvent l’anglais à la maison, on en comptait 48,4 pour cent qui disaient parler aussi régulièrement le français.
La province comptait 236 665 francophones en 2001, en baisse de 1,3 pour cent, soit une proportion de 32,9 pour cent de la population.
De ce nombre, 217 775 parlaient le plus souvent le français à la maison. C’est au Nouveau-Brunswick où on enregistrait le plus faible pourcentage de francophones ayant un conjoint anglophone, soit 14,8 pour cent. La province a perdu 3 020 francophones entre 1996 et 2001 au profit des autres provinces.
L’assimilation est toujours en augmentation en Ontario. Le taux était de 40,3 pour cent, comparativement à 38,8 pour cent en 1996. Parmi les Franco-Ontariens qui parlaient le plus souvent l’anglais à la maison, 42,7 pour cent ont indiqué qu’ils parlaient aussi «régulièrement» le français.
La province comptait 509 265 francophones, en hausse de 1,9 pour cent, soit une proportion de 4,5 pour cent de la population ontarienne.
De ce nombre, 307 295 parlaient le plus souvent le français à la maison. Le pourcentage de francophones ayant un conjoint anglophone s’élevait à 39,2 pour cent. Fait à signaler : la province a fait un gain appréciable de 7 740 francophones en provenance des autres provinces entre 1996 et 2001, ce qui efface la perte de 6 040 francophones qui avait été enregistrée entre 1991 et 1996.
Au Manitoba, le taux d’assimilation est passé de 52,9 à 54,7 pour cent entre 1996 et 2001. Parmi les Franco-Manitobains qui parlaient le plus souvent l’anglais à la maison, il y en avait tout de même 37,4 pour cent qui disaient parler aussi régulièrement le français.
La situation globale n’est cependant guère réjouissante, alors que la population francophone a fléchi de 6,5 pour cent pour atteindre 45 920 personnes, ce qui représentait 4,2 pour cent de la population totale. Il s’agit de la plus importante baisse parmi les provinces.
De ce nombre, 20 895 parlaient le plus souvent le français à la maison. La proportion de francophones qui avaient un conjoint anglophone s’élevait à 44,2 pour cent. On note aussi une perte de 490 Franco-Manitobains au profit des autres provinces.
La Saskatchewan enregistre le plus fort taux d’assimilation au pays, alors que 74,6 pour cent ont indiqué parler le plus souvent l’anglais à la maison, comparativement à 70,6 pour cent en 1996. Parmi les Fransaskois qui parlaient l’anglais à la maison, 28,6 pour cent parlaient aussi régulièrement le français.
La population francophone a fléchi de 6,3 pour cent, pour atteindre 18 645 personnes, ce qui représentait 1,9 pour cent de la population totale.
Seulement 4 810 parlaient le plus souvent le français à la maison. La proportion de francophones qui avaient un conjoint anglophone s’élevait à 55,5 pour cent. La Saskatchewan a perdu 950 francophones en cinq ans, qui ont déménagé ailleurs au pays.
Le taux d’assimilation est resté stable à 67,7 pour cent en Alberta. Parmi les Franco-Albertains qui parlaient l’anglais à la maison, 32,1 pour cent ont indiqué parler aussi régulièrement le français.
La population francophone de la province a grimpé de 12,6 pour cent en cinq ans, pour atteindre 63 240 personnes, ce qui représentait 2,1 pour cent de la population totale. La province a enregistré un gain de 5 550 francophones entre 1996 et 2001.
Cependant, seulement 20 670 parlaient le plus souvent le français à la maison. La proportion des francophones qui vivaient avec un conjoint anglophone s’élevait à 57,7 pour cent.
La Colombie-Britannique enregistre le deuxième plus haut taux d’assimilation parmi les provinces, avec 72,7 pour cent. Parmi les francophones qui parlaient le plus souvent l’anglais à la maison, 29,9 pour cent ont indiqué parler aussi régulièrement le français.
La population francophone de la province a augmenté de 3,8 pour cent pour atteindre
58 891, ce qui représentait 1,5 pour cent de la population totale.
Seulement 16 905 parlaient le plus souvent le français à la maison. La proportion des francophones qui vivaient avec un conjoint anglophone était de 63 pour cent; la deuxième plus forte proportion après Terre-Neuve et Labrador. La province a enregistré un gain de 990 francophones en provenance des autres provinces.
Au Yukon, le taux d’assimilation était de 56,2 pour cent. Cependant, 33,9 pour cent des
francophones qui parlaient surtout en anglais à la maison ont indiqué parler aussi régulièrement le français.
La population francophone de la province n’était plus que de 945 personnes en 2001, en baisse de 19,5 pour cent par rapport à 1996. Les francophones représentaient 3,3 pour cent de la population.
Ils étaient 430 à parler le plus souvent le français à la maison. La proportion des francophones qui vivaient avec un conjoint anglophone s’élevait à 59 pour cent. Le Yukon a également perdu 30 francophones au profit des autres provinces et territoires.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, le taux d’assimilation était de 62,7 pour cent. Parmi les francophones qui ont indiqué parler le plus souvent l’anglais à la maison, 38,3 pour cent parlaient aussi régulièrement le français.
La population francophone était stable et s’élevait à 1 000 personnes en 2001, en légère baisse de 0,5 pour cent. Les francophones représentaient 2,7 pour cent de la population des Territoires.
Ils étaient seulement 385 à parler le plus souvent le français à la maison et 57 pour cent des francophones vivaient avec un conjoint anglophone. Les territoires ont perdu 40 francophones entre 1996 et 2001 par le jeu de la migration interprovincial.
Enfin au Nunavut, le taux d’assimilation s’élevait à 47,6 pour cent. Toutefois, 39,4 pour cent des francophones qui ont indiqué parler le plus souvent l’anglais à la maison, parlaient aussi régulièrement le français.
La population francophone de ce territoire était de 400 personnes, en baisse de 2,8 pour cent. Les francophones représentaient 1,5 pour cent de la population totale.
Ils n’étaient que 225 à parler le plus souvent le français au foyer, alors que 34,2 pour cent des francophones vivaient avec un conjoint anglophone. Le Nunavut a perdu 40 francophones qui ont choisi de déménager au profit des autres provinces et territoires.
On comptait 6 782 320 millions de francophones au pays, en hausse de 1,1 pour cent. Les francophones ne représentaient plus que 22,9 pour cent de la population canadienne, comparativement à 23,5 pour cent en 1996 et 24,3 pour cent en 1991.
Editeur : Association de la presse francophone
|

|