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Le 19 décembre 2002

Service de nouvelles de l'APF

Tous les cadres fédéraux ne seront pas bilingues le 31 mars 2003.

Yves Lusignan


Ottawa (APF) : Ce ne sont pas tous les cadres fédéraux qui occupent des postes bilingues qui devront absolument être bilingues le 31 mars 2003, comme le prévoit pourtant une politique du Conseil du trésor.

Même si le dernier rapport annuel sur les langues officielles publié par la présidente du Conseil du Trésor, Lucienne Robillard, mentionne que le délai du 31 mars 2003 «ne sera pas repoussé» et que «l’exemple doit venir de la haute direction», on apprend à sa lecture qu’une catégorie de cadres échappera à la date butoir.

Il s’agit de cadres nouvellement nommés qui ne devaient pas être impérativement bilingues au moment de leur embauche, et à qui ont a accordé un délai de deux ans pour atteindre les exigences linguistiques. Dit autrement, un cadre unilingue anglais qui a été embauché à un poste bilingue le 31 octobre 2002, aura jusqu’au 31 octobre 2004 pour être bilingue.

Le nombre de cadres qui continueront de bénéficier d’une exemption après la date butoir du 31 mars 2003 s’élève à 291, selon les chiffres du Conseil du trésor.

Sur les 2 638 cadres visés par la Politique concernant les exigences linguistiques pour les membres du groupe de direction, 1 905 (72,2 pour cent) satisfaisaient aux exigences linguistiques de leur poste en date du 31 mars 2002. Les 733 (27,8 pour cent) autres qui ne satisfaisaient pas aux exigences linguistiques ont été divisés en deux catégories : outre les 291 cadres mentionnés précédemment, 442 devront satisfaire aux exigences le 31 mars 2003.

Le capacité de la haute direction fédérale à fonctionner dans les deux langues officielles est un sujet de préoccupation qui remonte à 1988. À l’époque, le Conseil du Trésor avait «arrêté» une politique demandant à toutes les institutions fédérales de prendre les mesures requises, afin que tous les cadres occupant un poste désigné bilingue dans les régions désignées bilingues atteignent un niveau de bilinguisme élevé. Le Conseil du Conseil avait fixé l’échéance au 31 mars 1998.

Le 31 mars 1995, 57 pour cent des cadres concernés avaient atteint un niveau de bilinguisme élevé. L’année suivante, ils étaient 59 pour cent. En 1996 et 1997…60 pour cent. En 1998, le Conseil du trésor adoptait une nouvelle politique, qui accordait aux cadres un délai jusqu’au 31 mars 2003.

Le 31 mars 2000, le pourcentage de cadres fédéraux bilingues avait grimpé à …61,8 pour cent. Le 31 mars 2001, 68 pour cent des cadres satisfaisaient aux exigences linguistiques. Un an plus tard, on parle de 72,2 pour cent.

La présidente du Conseil du Trésor admet dans son rapport que l’utilisation du français au sein de la fonction publique fédérale «pose encore problème» puisque «les milieux de travail qui doivent être bilingues ne le sont pas toujours véritablement, et les francophones comme les anglophones continuent trop souvent d’utiliser l’anglais comme langue de communication.»

La ministre Robillard ajoute qu’il reste du travail à faire avant de créer des milieux de travail bilingues, notamment parce que beaucoup de fonctionnaires francophones «hésitent encore» à s’exprimer dans leur langue maternelle et optent pour l’anglais.

«Il faudrait que les francophones prennent conscience qu’en choisissant l’anglais comme langue de travail, ils contribuent à accentuer le déséquilibre entre les deux langues officielles et n’encouragent ni le maintien ni l’amélioration de la langue française dans leur milieu de travail» écrit la ministre.

Selon les plus récentes statistiques, 84 pour cent des 38 369 fonctionnaires qui occupaient des postes bilingues et dont le travail consistait à servir le public en anglais ou en français, respectaient les exigences linguistiques de leur poste.

Chez les surveillants, 82 pour cent des 10 801 fonctionnaires qui occupaient un poste bilingue remplissaient les exigences linguistiques.

La participation des francophones au sein de la fonction publique s’élevait à 27 pour cent et grimpait à 31 pour cent lorsqu’on incluait les fonctionnaires en poste à l’étranger.

Les francophones formaient 2 pour cent de la fonction publique fédérale dans l’Ouest et au Nord, 5 pour cent en Ontario à l’extérieur de la capitale nationale, 41 pour cent dans la région de la capitale nationale, 39 pour cent au Nouveau-Brunswick et 4 pour cent dans les autres provinces de l’Atlantique.

Les francophones étaient toujours sous-représentés au sein de la GRC. Ils comptaient pour 18 pour cent des officiers, 17 pour cent des sous-officiers et 18 pour cent des gendarmes. Il faut toutefois dire que la GRC est quasi absente au Québec, où la sécurité publique relève de la Sûreté du Québec.





Editeur : Association de la presse francophone


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