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28 avril 2001
Services de nouvelles nationales
Le sport n’est pas une dépense, mais un investissement.
Yves Lusignan
Le sport est redevenu une priorité pour le gouvernement canadien, qui promet une nouvelle politique nationale d’ici un an en collaboration avec les provinces.
Le Sommet national sur le sport qui avait lieu à Ottawa a mis les entraîneurs, les politiciens, les athlètes et les jeunes au diapason. Tous veulent mettre l’épaule à la roue et remettre le sport au cœur des priorités des citoyens. Le secrétaire d’État au Sport amateur, Denis Coderre, a annoncé une augmentation de 10 millions de dollars du budget de Sport Canada, qui passe à 95 millions.
« Le sport n’est pas une dépense, c’est un investissement » avait dit la veille le premier ministre Chrétien, qui n’a pas manqué de rappeler que le sport avait toujours eu une grande importance dans sa vie :« La pratique du sport peut et doit faire partie intégrante de la vie des Canadiens ».
La grande nouvelle, c’est que la participation populaire revient à l’avant-scène des préoccupations et il y a une bonne raison à cela. Chaque hausse de 10 pour cent de la participation des Canadiens à différents sports permet d’économiser des milliards en soins de santé, selon le ministre Coderre. On estime que la maladie attribuable à la sédentarité coûte 2,1 milliards par année au système de santé. Il y aura donc une stratégie pour les sportifs de haut niveau et une autre pour favoriser la participation populaire. Pour les participants au Sommet, il est urgent et essentiel que les provinces s’engagent à ce que le système scolaire consacre 150 minutes par semaine à l’éducation physique. Il n’est toutefois pas question pour l’instant d’accorder des crédits d’impôt aux athlètes, aux entraîneurs, aux familles et aux bénévoles pour couvrir les frais reliés à la pratique du sport.
On s’entend cependant pour que le gouvernement consacre plus d’efforts afin de trouver des sources de financement non gouvernementales, en faisant appel à l’entreprise privée et à la commandite :« Il nous faut une meilleure façon et une autre façon de dépenser. Il faut un partenariat avec les entreprises » insiste Denis Coderre. Il a d’ailleurs annoncé la formation d’un groupe de travail qui devra faire le tour de la question et lui soumettre des recommandations. On pense aussi à adopter des mesures particulières pour favoriser la participation chez les femmes, les personnes handicapées, les autochtones et les minorités visibles. De l’avis de nombreux participants, les provinces et le fédéral devraient créer de véritables ministères du sport et de l’activité physique.« Le message serait alors très clair que le sport est important pour notre société »
Il est acquis que la politique nationale sur le sport doit prévoir des mesures pour permettre aux athlètes francophones d’avoir accès à des services dans leur langue. La participation au sport est à la baisse au pays. Néanmoins, plus de 8 millions de personnes s’adonnent à un sport. Le taux de participation des femmes est plus faible que celui des hommes et le niveau de participation est généralement plus élevé en fonction du niveau d’instruction et du revenu familial.« Lorsqu’une famille est pauvre, elle coupe dans ce qu’elle pense être non fondamental » résume le président de Sports-Québec, Raymond Côté.
Le manque d’installations sportives est aussi un problème auquel il faudra s’attaquer. Plusieurs ont souligné qu’elles étaient« dans un état lamentable ». La comparaison avec l’Australie est gênante. On compte 16 piscines olympiques à Sydney, qui a accueilli les derniers Jeux olympiques. À Toronto, une ville comparable qui souhaite obtenir l’organisation des Jeux olympiques de 2008, il n’y en a que deux!« Nous avons un système à deux vitesses, tout comme en santé » résume le professeur Bruce Kidd de l’Université de Toronto. Le directeur des Jeux de la francophonie canadienne, Jacques Robichaud, estime que le Sommet est un bon début. L’intention du gouvernement fédéral d’offrir des services en français aux athlètes rejoint une de ses préoccupations :« C’est un réel défi dans nos communautés d’avoir des entraîneurs francophones ».« On est un des seuls pays de la Francophonie qui n’a pas de ministère des sports et de la jeunesse », renchérit Roxane Dupuis du Manitoba. Claude Marquis, qui est le chef de mission adjoint pour l’équipe Canada-Nouveau-Brunswick qui participera aux prochains Jeux de la Francophonie, retient du Sommet que tous les participants sont cette fois« sur la même longueur d’onde ».
Editeur : Association de la presse francophone
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